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Karim Benzema porte plainte pour diffamation contre Gérald Darmanin après ses propos sur les Frères musulmans

Karim Benzema porte plainte pour diffamation contre Gérald Darmanin après ses propos sur les Frères musulmans

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© Getty Images

Trois mois après les déclarations de Gérald Darmanin, Karim Benzema a déposé plainte pour diffamation contre le ministre de l’Intérieur.

Karim Benzema a déposé plainte mardi pour diffamation contre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui avait affirmé que l’ex-star du Real Madrid entretenait des liens avec l’organisation des Frères musulmans, ce que l’ancien attaquant des Bleus conteste vigoureusement. Le Ballon d’or 2022 avait été pris pour cible par Gérald Darmanin après avoir publié mi-octobre sur X/Twitter un message de soutien aux habitants de Gaza victimes, selon lui, de “bombardements injustes” menés par Israël en représailles à l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre.

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Le ministre de l’Intérieur avait avancé que cette prise de position s’expliquerait par les liens de Karim Benzema avec les Frères musulmans, une organisation islamiste née en Égypte, où elle est considérée comme “terroriste”. “Karim Benzema est en lien, on le sait tous, notoire, avec les Frères musulmans, nous nous attaquons à une hydre, que sont les Frères musulmans parce qu’ils donnent un jihadisme d’atmosphère”, avait-il affirmé sur la chaîne CNews le 16 octobre, déclenchant une tempête sur les réseaux sociaux. Des politiques d’extrême droite et de droite s’étaient également engouffrés dans la polémique, comme Éric Zemmour ou Nadine Morano.

Une atteinte à son honneur

Selon la plainte de Karim Benzema, révélée par RTL et consultée par l’AFP, ces accusations sont “inexactes”, “plus vraisemblablement mensongères, mais en tout cas faites à dessein” et sont “attentatoires” à son honneur et sa considération.

Elle a été déposée par Me Hugues Vigier devant la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction habilitée à poursuivre et juger des membres du gouvernement pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions. Dans sa plainte, le joueur de 36 ans, qui évolue aujourd’hui dans le club saoudien Al-Ittihad et affiche sa foi musulmane, réaffirme “n’avoir jamais eu le moindre lien avec l’organisation des Frères musulmans ni à (sa) connaissance avec quelqu’un qui s’en réclamerait”.

“Je mesure à quel point je suis, en raison de ma notoriété, instrumentalisé dans des jeux politiques d’autant plus scandaleux que les événements dramatiques depuis le 7 octobre méritent tout autre chose que ce type de déclarations”, ajoute-t-il, estimant que sa position allait “à contre-courant de celle des ‘classes dirigeantes’ françaises dans leur grande majorité”.

Karim Benzema estime que “nombre de personnes” lui ayant “reproché le caractère déséquilibré de (sa) communication” ont exprimé des propos qui n’étaient “pas davantage” équilibrés, “puisqu’ils n’évoquaient jamais les Gazaouis”.

Des tweets sélectifs

M. Darmanin reprochait à l’ancien international (97 sélections) de “tweeter de manière sélective” et affirmait qu’il retirerait ses propos si Benzema “tweetait” pour “pleurer également” l’assassinat du professeur de français d’Arras, Dominique Bernard, par un jeune radicalisé.

Pour étayer ses propos, le ministre de l’Intérieur s’appuyait, selon les déclarations de son entourage auprès de l’AFP en octobre, sur “une lente dérive des prises de position de Karim Benzema vers un islam dur, rigoriste, caractéristique de l’idéologie ‘frériste'”, avec notamment “un prosélytisme sur les réseaux sociaux autour du culte musulman, comme le jeûne, la prière, le pèlerinage à La Mecque”. L’entourage rappelait également son refus de chanter l’hymne national. Le 25 octobre, Gérald Darmanin avait maintenu ses propos polémiques en estimant que “ça cache quelque chose” quand un footballeur poste une opinion politique “de façon sélective”.

Les plaintes adressées à la CJR sont filtrées par une commission des requêtes, qui peut les classer ou les transmettre à une commission d’instruction. À l’issue de l’instruction, cette commission décide d’un non-lieu ou d’un renvoi en procès.