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J’ai vu le dernier Gondry avec Pierre Niney depuis les jardins du Ritz (et en plus en mangeant)

Miam miam miam

J’ai vu le dernier Gondry avec Pierre Niney depuis les jardins du Ritz (et en plus en mangeant)

Par Flavio Sillitti

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© Camille Poitevin

Récit autocentré d’un mec au frigo vide qui s’est fait inviter au Ritz pour picorer de la scamorza et siroter du champagne.

Dans la vie, il y a des choses qui ne se refusent pas. Une invitation pour voir le nouveau film de Michel Gondry en avant-première, par exemple. Mais alors que dire d’une invitation à assister à l’avant-première du nouveau film de Michel Gondry dans les jardins du Ritz en dégustant la nourriture soigneusement sélectionnée par les équipes du Fooding, visionnaire guide indépendant de bonnes adresses culinaires en France et en Belgique ? Ah, je vous ai dit que c’était aussi champagne et cocktail à volonté ?

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Gaspacho de melon et madeleines fourrées

La fameuse soirée fait partie du concept Priceless Soupers orchestré par Le Fooding en partenariat avec MasterCard. Le principe est simple : proposer des expériences diverses et variées, toutes plus prestigieuses les unes que les autres, pour dévorer des coups de cœur gustatifs dans des cadres uniques. Si l’inflation ne vous a pas tout volé et qu’il vous reste 150 € pour vous accorder une vraie soirée de plaisirs tant culinaires que cinéphiles, le “Ciné bien léché sous les étoiles” est taillé pour vous.

En débarquant dans le cadre idyllique des jardins du Ritz (grande première pour moi, certainement la dernière aussi), je comprends rapidement que la soirée va être bonne et gourmande. Au menu du soir : que des dingueries. On n’a pas tout retenu (la mémoire s’est troublée à la quatrième coupe de champagne) mais on se souviendra de la fraîcheur de cette salade de mozza/scarmoza ou du gaspacho de melon, des makis de bœuf ou des miniburgers bien généreux et réconfortants.

Mention spéciale pour les desserts, dont les madeleines fourrées au chocolat, signature du Ritz, préparées à la minute sous nos yeux ébahis et affamés, par le chef pâtissier de renom François Perret, visage de la série Netflix The Chef In a Truck. Si Booba ne fait pas la queue au Ritz, nous, oui. Mais seulement devant le stand de madeleines.

Le Livre des solutions

De mémoire, mon dernier cinéma en plein air avant celui-ci avait eu lieu en Afrique du Sud, il faisait un froid glacial une fois la nuit tombée, je n’avais rien compris au film à cause de mon anglais approximatif de l’époque et mon date n’avait même pas conclu. Cette fois-ci, je suis assuré : un petit plaid si la brise me dérange, un film en français et une bonne copine plutôt qu’une conquête pour m’éviter les désillusions de fin de soirée. Tout est carré.

Le film est présenté par Elisabeth Debourse, rédactrice en cheffe du Fooding, et belge de surcroît (je suis belge aussi, vive les Belges). Après un mot de bienvenue dans ce cadre surréaliste, elle interviewe brièvement l’un des producteurs du film qui offre étonnamment un discours aux antipodes du message du long-métrage, Le Livre des solutions défendant plutôt une certaine liberté de l’élan de création, quitte à basculer dans la folie.

Cette folie créative (et parfois plus que créative) c’est celle de Michel Gondry, que le réalisateur raconte sans filtre, avec légèreté, humour et beaucoup de poésie. La tendresse de son récit autobiographique trouve en Pierre Niney un orateur de choix, dans une performance qui en dit autant par les gestes que les mots. La chorégraphie du film nous happe, et ni les churros au chocolat de Madagascar ni les choux fourrés à la crème ne pourront nous faire quitter l’écran des yeux — bon allez, peut-être le temps d’une bouchée ou deux.

Après un dernier shooting dans les couloirs luxueux du hall (interrompu par les regards réprobateurs du personnel), on quitte le Ritz rempli·e·s de beau cinéma français et de madeleines fourrées, sans vraiment savoir lequel des deux nous comble le plus de joie. Merci Le Fooding de permettre au jeune galérien que je suis de vivre la vie de palace, le temps d’une soirée, avant de rejoindre mon 20 mètres carrés et mon frigo vide. Mon estomac et ma cinéphilie vous en remercient.