On vous explique pourquoi Lens pourrait bien gagner la Ligue 1

On vous explique pourquoi Lens pourrait bien gagner la Ligue 1

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Photo by Catherine Steenkeste/Getty Images

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Par Tidiany M'Bo

Publié

Après Montpellier, Monaco et Lille, et si c’était au tour des Sang et Or de venir contester la domination du PSG version qatarie ?

Lens, champion de France de Ligue 1, plus les semaines passent et plus cette hypothèse folle gagne en crédibilité. Pourtant, c’est peu dire que le club nordiste ne figure pas parmi les prétendants sur la ligne de départ. Avec seulement le 10e budget de L1, et alors que le PSG n’a jamais semblé aussi dominant économiquement et sportivement, il mène pourtant la danse en championnat avec un petit point d’avance au classement sur son poursuivant, à 12 journées de la fin de saison. Suffisant pour y croire ? Oui, car il y a en plus tout un tas d’autres vraies raisons qui peuvent laisser penser que pour les Sang et Or, ça pourrait être la bonne année.

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La cadence est celle d’un champion

Gagner un championnat, c’est d’abord une question d’arithmétique. Après 22 journées, Lens compte 52 points, soit une moyenne de 2,36 points par match. Un rythme anormalement exceptionnel que les Nordistes vont devoir maintenir pour croire en l’exploit. En effet, sur les 5 dernières saisons, et hormis 2025 où le PSG avait réalisé la meilleure saison de son Histoire (à 2,47 points de moyenne par match), cette cadence comptable leur permettrait de gagner le titre à chaque fois (le champion de France comptait 2,23 points de moyenne en 2024, 2,23 en 2023, 2,26 en 2022 et 2,18 en 2021).

Par ailleurs, sur les 3 champions hors PSG depuis l’arrivée de QSI en 2011, deux d’entre eux, Montpellier (2,15 points par match en 2012) et Lille (2,18 points par match en 2021) ont une moyenne de points inférieure à celle des Lensois actuellement.

Une équipe homogène, généreuse, disciplinée et efficace

Il est important de voir que le succès de Lens cette saison repose sur son collectif, un paramètre qui limite la probabilité de défaillance causée par l’absence d’un ou plusieurs joueurs importants. Par exemple, la blessure du capitaine et chef de défense Jonathan Gradit au tibia fin novembre n’a absolument pas contrarié la bonne marche des Lensois, qui possèdent même la meilleure défense de l’élite actuellement (17 buts encaissés en 22 matchs). Il y a un an à pareille époque, c’était déjà le cas avec Brice Samba, Abdukodir Khusanov et Kévin Danso, tous vendus depuis.

Evidemment que des joueurs comme Adrien Thomasson, Florian Thauvin ou Malang Sarr tirent l’ensemble vers le haut. Mais la réussite de Lens doit au moins autant au talent des joueurs qu’à la faculté de l’ensemble à maintenir une implication totale dans les duels, une discipline quasi parfaite pour animer un 352 exigeant tactiquement, et une efficacité offensive où il n’y a pas de dépendance à une individualité. Lens est la 2e équipe de L1 à proposer le plus de courses à haute intensité derrière Strasbourg, et c’est également l’équipe avec le taux de xG cumulés le plus haut depuis le début de saison.

Un coach qui fait la différence

Là où d’autres clubs se mettent le feu parfois un peu tous seuls, à coups de communication incendiaire ou d’approche tactique aléatoire voire douteuse, Lens peut compter sur un entraineur lucide dans son discours et pertinent dans ses choix de jeu. Alors qu’il débarquait à Lens pour relancer sa carrière et insuffler un vent nouveau dans le Nord après une saison pénible, Pierre Sage a pour l’instant presque tout bon. Il s’appuie sur un système de jeu, le 352, qu’il n’avait pas souvent utilisé à l’OL mais qu’il a su imposer à Lens avec un certain pragmatisme. Malgré un effectif bouleversé à l’intersaison avec les arrivées de Samson Baidoo, Mamadou Sangaré, Florian Thauvin, Odsonne Edouard, Matthieu Udol ou encore Romain Risser, l’équipe semble réglée comme du papier à musique.

Et le discours tenu officiellement, entre prudence et ambition, accorde à Lens le droit d’y croire tout en gardant les pieds sur terre. « Aujourd’hui, on est dans une situation où on a une ambition claire et affichée, mais surtout qui est possible », avait-il tempéré après le succès éclatant sur la pelouse du Paris FC (5-0) la semaine passée, lorsqu’il fut interrogé sur les chances lensoises de titre. « Les joueurs sont assez conscients des paliers qu’on doit franchir pour arriver à nos fins. On va prendre les choses par palier ».

Cette année, le PSG laisse la porte ouverte

« Le PSG est prenable… à condition qu’il ne soit pas le PSG. Cela dépend beaucoup d’eux (…) Et pour le titre, je pense que dans tous les cas il faudra battre Paris puis on fera le point après ça ». Un peu plus tôt cette saison, et alors que Lens ne pouvait plus se cacher après le gain du titre honorifique de champion d’automne, Pierre Sage avait osé une projection vers une lutte pour le titre. Il avait, de façon lucide, conditionné ça à la réalité du PSG. Or, depuis, Paris a confirmé ses difficultés à enchaîner dans une saison forcément particulière, entre calendrier démentiel, digestion d’une année civile exceptionnelle avec 6 titres, et changement de statut. Depuis l’arrivée de QSI, le PSG abandonne un titre en moyenne tous les 4-5 ans. Et par deux fois (sur 3), c’est arrivé l’année qui a suivi un bouleversement historique au sein du club : changement d’actionnaire en 2011, première finale de Ligue des champions en 2020…

Parce que Lens l’a déjà fait

Lens compte déjà un titre de champion de France. C’était en 1998, année marquée d’une pierre blanche pour le football français. Le Racing du « druide » Daniel Leclercq avait devancé le FC Metz à la différence de buts (68 points chacun, +25 contre +20) et les plus anciens se souviennent certainement de ce but égalisateur de Yoann Lachor qui permettait alors aux Lensois d’arracher ce précieux point à Auxerre (1-1), un point synonyme de titre. Presque 30 ans plus tard, la Ligue 1 est moins ouverte mais Lens s’en est quand même rapproché en 2023 en échouant à un petit point du PSG version Messi-Neymar-Mbappé. De quoi penser que Lens saura saisir sa chance si celle-ci se présente.