C’est quoi « MindsEye », le jeu d’un ancien de GTA, qui est une catastrophe en tout points ?

C’est quoi « MindsEye », le jeu d’un ancien de GTA, qui est une catastrophe en tout points ?

photo de profil

Par Pierre Bazin

Publié

Il ne suffit pas de venir de GTA pour faire du GTA.

MindsEye, premier jeu du studio Build a Rocket Boy, était censé marquer les esprits. La raison ? Le studio a été fondé et est présidé par Leslie Benzies, ancien producteur du légendaire studio Rockstar et qui a donc vu passer entre ses mains tous les Grand Theft Auto majeurs, du III au V. 

À voir aussi sur Konbini

Le titre avait pourtant de belles promesses : sorte de GTA avec des inspirations de Cyberpunk 2077, le jeu nous fait incarner un soldat à la retraite qui, grâce à un implant neuronal, va « revivre » les souvenirs de missions, en plus de redécouvrir son passé. Open-world, des idées de scénario potables et du combat avec des technologies avancées, les promesses étaient donc là. 

Des signes avant-coureurs…

Toutefois, MindsEye prouve qu’il ne suffit pas d’avoir un aussi grand nom pour assurer le succès et sa sortie ce 10 juin 2025 prouve même que cela peut très mal se passer. À quelques jours du lancement, plusieurs signaux d’alerte s’allument. D’abord, aucun code de test n’a été envoyé à la presse en amont. Une absence inhabituelle pour une sortie de cette envergure, souvent perçue comme un moyen d’éviter les mauvaises critiques avant la commercialisation.

Pire encore : deux cadres très importants du studio quittent le navire, une semaine avant la sortie. Tandis que le co-PDG Mark Gerhard a carrément évoqué une supposée campagne de déstabilisation orchestrée contre le jeu. Une atmosphère opaque et tendue qui n’augure rien de bon.

…pour une sortie catastrophe

Le 10 juin, MindsEye sort sur PC et consoles avec un gros patch day one pour corriger des problèmes – mais ce qui est maintenant très courant en réalité. Rapidement, les joueurs découvrent un jeu mal optimisé : framerate instable, IA incompétente, bugs fréquents… L’expérience est jugée frustrante, voire injouable. Le scénario, de son côté, ne semble pas non plus être le point fort du titre, certains joueurs évoquant des lignes de dialogue sorties tout droit de ChatGPT. 

Sur Steam, le titre est rapidement évalué avec des évaluations « moyennes », avec des centaines de joueurs demandant — ou obtenant — un remboursement.

De plus, une autre théorie se répand : le début du jeu serait bourré de cinématiques pour allonger artificiellement la durée de jeu et dépasser la limite de deux heures imposée par Steam pour les remboursements. Si cette théorie reste exagérée, elle illustre le niveau de méfiance envers le jeu. Tandis que sur console, certains évoquent avoir pu obtenir le remboursement exceptionnel via le PlayStation Store, et si Sony n’a pas officiellement confirmé, cela rappelle le lancement chaotique de Cyberpunk 2077 fin 2020.

La comparaison avec Cyberpunk 2077 est inévitable, mais à la différence de CD Projekt, Build a Rocket Boy n’a pas de succès passé pour se rattraper. MindsEye est leur premier jeu, et ce lancement entaché pourrait fortement compromettre leur avenir.

Sur Reddit, le studio publie un communiqué reconnaissant les problèmes et évoquant des exigences matérielles très élevées. Il promet que son équipe « travaille jour et nuit » pour améliorer la situation, avec d’autres correctifs en préparation. Mais pour les joueurs, la solution était avant : la sortie du jeu aurait dû être retardée pour que le titre soit parfaitement fini.