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Découvrez Shigeru Ban, humaniste et "prix Nobel" d'architecture 2014

Publié le

par Théo Chapuis

(Crédits image : Bridgit Anderson)

Shigeru Ban a reçu lundi le Pritzker 2014, sorte de "prix Nobel" de l'architecture. Architecte et profond humaniste, on lui doit l'élaboration du Centre Pompidou de Metz en 2009.

Shigeru Ban, l'architecture au coeur, le coeur sur la main (Crédits image : Thomas Gogny / Le Moniteur)

Lundi 24 mars, le jury du Prix Pritzker, considéré comme le prix "Nobel de l’architecture" choisissait de récompenser l'architecte japonais Shigeru Ban, 56 ans. Créée en 1979 par Jay A. Pritzker, la récompense distingue là un bâtisseur, mais aussi un humaniste.

Eh oui : Shigeru Ban est connu pour ses constructions d'abris pour victimes de désastres naturels. L'un des exemples les plus marquants est celui de la cathédrale de Christchurch, un lieu de culte "de transition", bâti en grande partie en carton. Cet édifice, en photo ci-dessous, a servi à remplacer la véritable cathédrale de Christchurch, âgée de 131 ans à l'époque et très endommagée en 2011 par un séisme de 6,3 sur l'échelle de Richter.

(Crédits image : Bridgit Anderson)

L'intérieur de la cathédrale de carton de Christchurch

La fondation Hyatt, l'organisme qui remet le prix Pritzker, a loué "l'élégance et le caractère inventif" de son travail. "L'engagement pour des causes humanitaires" de Shigeru Ban, qui a des bureaux à Tokyo, Paris et New York, "constitue un exemple pour tous", poursuit la Fondation, qui adoube ainsi les structures "low-tech" de Shigeru Ban.

Rwanda en 1994, Haïti, Inde, Turquie... L'architecte a ce trait de personnalité d'oeuvrer sur les lieux dévastés par des catastrophes. En 1995, il fonde VAN (Voluntary Architects’ Network), une organisation non gouvernementale destinée à assister et secourir les zones ravagées. Shigeru Ban arpente alors les lieux dévastés par les catastrophes, s’adresse aux bénévoles et aux acteurs locaux afin de construire, abris, bâtiments, salles de classe d’urgence dans des matériaux recyclables et abordables financièrement.

Le musée nomade

Mais Shigeru Ban ne fait pas que dans l'aide humanitaire. Autre exemple de l'ingéniosité et du culot de l'architecte japonais : le Nomadic Museum, une grande structure temporaire faite initialement de conteneurs. Ce "musée nomade" est destiné à accueillir l'exposition Ashes and Snow de Gregory Colbert... et à le faire voyager à travers le monde grâce à ses matériaux de recyclage. Il a voyagé de Venise à Mexico City, en passant par Santa Monica et Tokyo. Ci-dessous, quelques clichés de ce château ambulant.

Les conteneurs du Nomadic Museum.

(Crédits image : architectuul)

Le Nomadic Museum, lors de son installation à Mexico City (Crédits image : Escuela de Bambu)

En France, Shigeru Ban est loin, très loin d'être un inconnu. Le 12 mai 2010, la ville de Metz inaugurait "son" centre Pompidou, devenu le musée français le plus visité hors de la capitale depuis son ouverture. Première expérience de décentralisation d'un grand établissement public culturel, l'architecture du lieu était confiée à Shigeru Ban ainsi qu'au Français Jean de Gastines.

Un chapeau chinois comme modèle

Pour la forme si particulière du lieu, le Nippon se serait inspiré d'un chapeau chinois acheté à Paris. C'est le couvre-chef qui lui aurait inspiré le concept de la structure architectonique faite de résille et de l’entrelacs des fibres. Le Centre Pompidou de Metz, c'est 18 kilomètres de poutres, un assemblage de 1 500 pièces hexagonales et de poteaux tulipes mêlant béton, verre, polycarbonate, fibre de verre, téflon, épicéa et mélèze. Jean de Gastines, son partenaire à la réalisation de ce lieu, témoigne dans Libération :

C’est le concept d’ouverture, de transparence, les façades qui disparaissent et qui rappellent l’architecture japonaise. L’espace public entre à l’intérieur du bâtiment grâce à un espace intermédiaire, une zone tampon. Mais si Shigeru est récompensé aujourd’hui, c’est pour sa dimension humanitaire, politique, des projets, sa grande inventivité avec les matériaux, comme ses abris en tubes de carton.

(Crédits image : Roland Halbe)

(Crédits image : Rémi Villaggi-Metz)

(Crédits image : Centre Pompidou Metz)

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