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Le sexisme va devenir une circonstance aggravante des crimes et délits

Publié le

par Charles Carrot

Le 16 juin a été adopté un amendement faisant du sexisme une circonstance aggravante des crimes et délits en France, au même titre que l'homophobie ou le racisme.

L'hémicycle de de l'Assemblée nationale. (Photo publiée par Ségolène Royal lors de la ratification de l'accord de Paris à la COP21)

Victoire notable dans la lutte contre le sexisme (et les violences faites aux femmes) en France : dans le cadre du projet de loi Égalité et Citoyenneté étudié cette semaine à l'Assemblée nationale, l'amendement reconnaissant le possible caractère sexiste des crimes et délits a été adopté ce jeudi 16 juin.

Le sexisme devient ainsi officiellement une circonstance aggravante aux yeux de la loi, comme le sont déjà le racisme et l'homophobie.

La députée Maud Olivier est plutôt fière de son amendement (à raison).

Une avancée attendue depuis longtemps

Impliqué dans ce processus législatif, le groupe Osez le féminisme s'est fendu d'un communiqué de presse, vendredi 17 juin, pour célébrer une avancée attendue depuis longtemps : l'association milite depuis 2014 pour que le terme "féminicide" (meurtre d'une femme en sa qualité de femme, mentionné notamment dans les codes civils de plusieurs pays d'Amérique latine) soit intégré dans la loi, et si ce n'est pas le cas ici, les objectifs de l'amendement de la députée de l'Essonne Maud Olivier (PS) vont dans ce sens.

Dans des propos relayés entre autres par Libération, les auteurs de la mesure ont expliqué le sens de leur démarche :

"Les diffamations ou injures à caractère sexiste sont sanctionnées pénalement mais il n'existe pas de reconnaissance spécifique des meurtres sexistes, alors même que les meurtres homophobes ou racistes, par exemple, font l'objet de dispositions spécifiques.

En refusant de reconnaître la spécificité de certains homicides sexistes, on contribue à 'invisibiliser' une construction sociale fondée sur le genre qui est largement défavorable aux femmes."

Une étape qui va dans le bon sens, son but étant de favoriser des prises de conscience au sein de la justice comme de la société : car oui, certains crimes sont clairement motivés par les intentions sexistes de leur auteur, et il était temps de le reconnaître.

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