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Taïwan : les enfants contraints de passer moins de temps devant des écrans

Publié le

par Aline Cantos

L'Asie mise tout sur le high-tech depuis quelques années. Mais passer trop de temps devant des écrans peut s'avérer dangereux, surtout pour les enfants. C'est pourquoi Taïwan veut limiter leur utilisation.

Partout dans le monde, la consommation numérique n'a de cesse de s'accentuer. Les enfants sont les premières victimes de ce monde tapissé d'écrans. Le rapport du Défenseur des Droits français au sujet des enfants et leurs rapports aux écrans de 2012 indique que les jeunes de 4 à 14 ans passent en moyenne 2h18 devant la télévision en 2011. La consommation internet n'est pas en reste, avec 2h par jour consacrées à internet chez les 9-16 ans.

À Taïwan, le problème est encore plus grand avec 81% de myopes chez les moins de 15 ans. Les écrans affectent non seulement le sommeil, comme le prouve une recherche du journal Pediatrics de décembre 2014, mais aussi la santé dans sa globalité. La vue est le premier sens touché. Le contact quotidien avec des écrans sollicite les yeux de façon anormale et les affaiblit de manière irréversible.

30 minutes d'écrans par jour

La Corée du Sud milite déjà pour faire reconnaître la dépendance aux écrans comme un trouble psychologique, la Chine interdit le gaming durant plus de 5h d'affilée, et c'est maintenant au tour de Taïwan de prendre des mesures afin de lutter contre cette addiction d'un nouveau genre.

Les enfants sont au centre des préoccupations. Avec la tentative de définition d'une période "raisonnable" d'utilisation des matériaux numériques, le pays compte bien lutter contre les prémices de l'addiction aux écrans. 30 minutes par jour seraient une durée acceptable selon le ministère de la santé taïwanais. Après ces 30 minutes quotidiennes règlementaires, il est donc question d'interdire l'accès aux écrans pour les plus jeunes.

Les écrans, un danger pour les enfants ?

Si cette mesure peut sembler drastique, il faut néanmoins souligner qu'elle répond à des préoccupations très ancrées dans l'actualité. Après le rapport du Défenseur des Droits de 2012, l'addiction des Français a aussi fait l'objet en 2014 d'une campagne de sensibilisation sur le sujet du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, autorité ad-hoc de régulation en matière d'audiovisuel.

Ce n'est cette fois pas la durée de visionnage qui est en cause mais le type d'œuvres audiovisuelles donné à voir aux plus jeunes. La signalétique est au cœur de la campagne afin de garantir aux plus jeunes une consommation saine en matière de télévision, cinéma, jeux...

Alors que la problématique des jeux vidéo violents revient souvent dans l'actualité, les spécialistes se battent encore concernant leurs effets sur leurs consommateurs. Quand le spécialiste Patrick Markey affirme que ces derniers contribueraient à la réduction de la violence des utilisateurs, les chercheurs du Dartmouth College affirment que les jeux vidéo violents contribuent à éveiller les tendances violentes et les comportements à risque des joueurs.

Le manque de recul sur la question des effets des écrans sur les plus jeunes semble encore susciter de nombreuses interrogations sur lesquelles les gouvernements et chercheurs peinent encore à voir clair.

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