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Qui est Jenji Kohan, la showrunner à l'origine du triomphe d'Orange is the New Black

Publié le

par Geoffroy Villeneuve

Cela fait trois saisons que Jenji Kohan dirige d'une main de maitre la série Orange is the New Black, disponible en exclusivité sur Netflix. À la fois auteure, casteuse, productrice et réalisatrice, portrait de cette showrunner des temps modernes à l'origine du succès Orange is The New Black.

L'explosion des recettes engendrées par les séries télévisées a entrainé l'avènement d'une nouvelle caste de nababs du divertissement : les showrunners. Responsable d'à peu près tout, le showrunner incarne l'esprit du programme en jouant à la fois le rôle de compositeur et celui de chef d'orchestre.

L'un des meilleurs exemples ? Jenji Kohan. Cette auteure collectionne les nominations aux Emmy Awards, et figurait sur la liste du Times des 100 personnalités les plus influentes au monde en 2014.

Jenji Kohan

L'ascension de Brooklyn à Hollywood 

Jenji Kohan n'est pas née à Brooklyn avec pour seule intention de révolutionner le game des modes capillaires, mais également de faire bouger les opinions sur la condition des femmes. Fille de professionnels du show business, elle trouve rapidement sa place au milieu d'équipes exclusivement masculines de scénaristes lors de ses premiers essais d'écriture pour Le Prince de Bel Air.

Après une dizaine d'années passées à se faire la main sur diverses séries dont Sex and the City ou Will & Grace, Jenji Kohan avait trouvé le sujet qui allait centraliser les thèmes abordés dans ces prochains écrits : la place des femmes dans un milieu inhospitalier.  Ne lui manque alors plus qu'une épiphanie, ou disons plutôt un high concept, pour se jeter dans le grand bain et avoir sa propre série.

Nancy Botwin célèbre sa première récolte dans la série Weeds

La clé des studios de production

Dans le show business, la meilleure façon d'attirer l'attention d'un producteur est de posséder ce que l'on appelle un high concept. En gros c'est une histoire que l'on peut résumer en une phrase, qui donne immédiatement envie d'en savoir plus. Spielberg est par exemple un spécialiste du genre avec des high concepts comme "un requin tueur terrorise une station balnéaire la veille de vacances d'été", ou bien "un scientifique créé un parc d'attraction rempli de dinosaures". Il faut que ça soit simple et surtout efficace. Jenji Kohan trouve alors son high concept pour Weeds (disponible sur Netflix), une merveille du genre : Maman, banlieusarde, veuve, dealeuse, herbe. Ces cinq mots ont littéralement suffit à convaincre Show Time de financer l'écriture de la série qui durera finalement quelques huit saisons.

Piper Chapman et Nancy Botwin, personnages badass de l'univers Kohan

Le style Jenji Kohan

Les séries Weeds et Orange is the new black placent une héroïne dans un monde qui leur était jusqu'ici étranger. Mère de famille vendeuse d'herbe, ou jeune femme de bonne famille qui se retrouve derrière les barreaux, les personnages de Jenji Kohan doivent rapidement apprendre à user de leur malice pour survivre dans un milieu inhospitalier. Séries féministes ? Il était temps ! La seconde arme de la scénariste est l'humour, beaucoup d'humour pour traiter des sujets graves de façon légère. On s'autorise dans chacun des deux shows quelques éléments irréalistes placés pour des effets comique. Certes la vie carcérale est assurément moins rocambolesque dans les vraies prisons américaines que dans la série, mais il faut bien épicer la recette originale.

Piper Kerman et Piper Chapman (Taylor Schilling)

L'histoire derrière la série

À ma gauche Piper Kerman, auteure du livre Orange Is The New Black : My Year In a Women's Prison, incarcérée plus d'un an pour avoir transporté l'argent d'un dealer ouest-africain pour dépanner sa copine. À ma droite Taylor Schilling, interprète de Piper Chapman, héroïne d'OITNB. La trame de l'histoire reste relativement fidèle au récit de Kerman, on apporte juste les quelques péripéties qui assureront le succès du binge watching comme cette cuisine de prison qui devient assez rapidement une véritable plaque tournante du marché noir carcéral.

Jenji Kohan et les personnages principaux de la série

Il a donc fallu décortiquer le bon du moins bon de l'histoire, mais également trouver les acteurs qui incarneront au mieux les personnages. Dans OITNB tout comme dans Weeds, le casting a favorisé des acteurs à la célébrité relative, néanmoins capables d'endosser immédiatement le costume de leur personnage. Pour preuve, Laverne Cox devient la première actrice transgenre à faire la couverture du Times. Showrunner, c'est avant tout avoir du flair !

Retrouvez toute la saison 3 d'Orange is the New Black en exclusivité sur Netflix.

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