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Les meilleurs génériques de séries de ces dix dernières années

Publié le

par Louis Lepron

Avec True Detective, le game des génériques de séries a été relancé de plus belle en 2014. Une occasion pour revenir sur les meilleurs qu'on a pu remarquer ces dix dernières années.

(Capture d'écran YouTube du générique de True Detective)

12 janvier 2014 : la série True Detective est pour la première fois diffusée à la télévision, sur HBO. 2,33 millions de téléspectateurs ricains ont le regard pointé devant leur petit écran, attendant fébrilement l'oeuvre de Nic Pizzolatto. Le logo de la chaîne apparaît et avant qu'on puisse déceler une forme, ce sont les accords d'une chanson qu'on peut entendre : "Far From Any Road" de The Handsome Family, un groupe originaire de Chicago.

On est d'ailleurs tellement loin de la "route" qu'ils chantent que la première image est un chemin broussailleux et mal entretenu. Au loin, une usine qui fume, dans un gris terne et froid. En surimpression, le visage de Matthew McConaughey se détache. Résultat, 1 minutes et 36 secondes d'un superbe générique qui voit défiler des visages cernés par des paysages industriels, des églises glauques et des corps en flamme. Le climat est posé.

Dexter et son humour carnassier

Octobre 2006 sera à marquer d'une bonne pierre sanglante. Car le générique de Dexter déboule comme si de rien n'était, illustration parfaite du Malin qui vit au cœur du personnage principal incarné par Michael C. Hall.

Le rouge, le sang, la chair et la peau sont autant d'éléments qui gravitent autour de la mort, qui rôde patiemment dans les images du générique, entre étouffement, étranglement et meurtre au couteau. Pourtant, il ne s'agit là que de gestes ordinaires. Vous avez dit "malaise" ?

Orange is The New Black et ses visages en images

Le temps qui passe, des visages qui défilent et la voix de Regina Spektor qui chante "The animals trapped, trapped, trapped 'till the cage is full". Après House of Cards, Netflix s'introduit dans un tout autre monde, bien loin de la politique politicienne de Washington : les prisons pour femmes. Un titre : Orange is The New Black.

Avec son héroïne Piper Chapman (dont l'histoire est inspirée d'une autobiographie, celle de Piper Kerman), la série nous fait rencontrer autant de traits de femmes que de parcours. Et le générique leur rend hommage.

L'horrifique générique d'American Horror Story

Regarder la première saison d'American Horror Story n'est pas une partie de plaisir. Son générique, encore moins. Une BO glauque à souhait, qui se mélange horrifiquement à des images jaunies de gamins flippants, des bocaux hideux dans lesquels semblent reposer des fœtus, des instruments de torture comme une cisaille aux lames sanglantes ou des ombres tapies dans l'obscurité : le poids de l'image, le choc du ressenti.

Et bordel de merde, ça marche :

Hannibal façon liquide rouge sang

Hannibal Lecter a beau être un monsieur dégustant avec plaisir la chair humaine, il est avant tout un homme à l'ADN noble, un ADN qui correspond au personnage de la série de Thomas Harris et Bryan Fuller. Le générique sobre, sur fond blanc, laisse  les visages des acteurs apparaître à l'aide d'un beau fluide rouge sang.

Mads Mikkelsen est là, incarné dans ces représentations liquides qui échappent à nos mains comme à la chasse intellectuelle de l'agent Will Graham. Court mais fort.

Six Feet Under entre noir et blanc, vie et mort

La musique est intriguante, le rythme bien appuyé et une sobriété ressort de ce générique de Six Feet Under. Tout de suite, on pense à Dexter et ce n'est d'ailleurs pas si étonnant : Digital Kitchen est derrière les deux visuels.

Au-delà d'un casting qui s'en rapproche (Michael C. Hall), on est face à une version mortifère du tueur de Miami. Et l'analogie fonctionne : les couleurs oscillent entre noir et blanc, aucun visage n'est montré et tous les éléments disposés ne racontent qu'une chose : la mort. Même le nom du producteur est disposé sur une tombe. C'est dire.

Boss et sa politique douteuse

La série n'aura duré que deux saisons, il n'empêche que Boss aura marqué, au moins par son générique. Loin des fades présentations de House of Cards et de Borgen, eux aussi dans les griffes de la politique, Boss entend donner une autre image, plus nette, plus rigoureuse et plus crue de la réalité des élus.

Une simplicité de bonne augure pour une série arrêtée trop vite en 2012, alors qu'elle avait commencé entre les mains du cinéaste Gus Van Sant. Au coeur de Chicago, des visages dessinés laissent leur empreinte sur les murs, les façades des immeubles et les rues. Une seule question est posée : que reste-t-il du passage d'un homme politique lorsqu'il meurt ?

Les reflets des Revenants

Choisir Les Revenants, ce n'est pas seulement choisir une série française qui a remporté un Emmy Awards voilà quelques mois. C'est aussi souligner la perfection visuelle de son générique qui use d'un effet bien connu dans la photographie, le "tilt shift". Il permet de flouter une partie de l'image pour mieux souligner un détail, une forme.

Et tout au long de la minute de générique, vie et mort se répondent : à travers une flaque d'eau, le mouvement d'une caméra ou le reflet embué d'une vitre.


Les Revenants | Générique - Saison 1
par TVOpening

Mad Men, une chute façon pub

Beck l'a refusé, un beat de RJD2 appelé "A Beautiful Mine" l'a remplacé. Car le générique de Mad Men, avant d'être un faisceau d'illustrations graphiques, est avant tout une musique forte, à la fois moderne et datée, entre production hip-hop, percussions flamboyantes et symphonie accrocheuse.

Puis les images. Un homme en costard arrive dans un bureau, une mallette dans ses mains. Tout s'effondre, le voilà qui tombe encore et encore. Dans sa chute défilent un whysky, un pied géant qui pourrait briser ses os en mouvement et des slogans comme "Profitez de ce que l’Amérique a de mieux à vous offrir".

Aussi graphique et référencé (coucou Saul Bass) soit-il, ce générique est impeccable tant il correspond à l'état d'esprit de la série et de son personnage principal : un homme au sommet qui rêve toutes les nuits qu'il va dégringoler.