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Le jeu indé de la semaine : plongez dans Abzû, l’opus onirique par excellence

Publié le

par Pierre Bazin

À l’occasion de sa sortie sur Switch, petit coup de projecteur sur une véritable expérience esthétique.

Abzû est le nom donné dans la mythologie mésopotamienne à un océan souterrain d’eau douce, qui serait la source de tous les lacs, ruisseaux, rivières et fleuves. C’est aussi le titre énigmatique d’un jeu créé par une équipe de développeurs de Giant Squid, déjà à l’origine du magnifique Journey – un opus sorti en 2012 qui nous avait emmenés contempler un monde sablonneux. Cette fois-ci, nous évoluons dans un univers marin. Abzû, sorti en 2016, vient d’être réédité sur Switch.

Autant vous prévenir tout de suite : vous n’allez pas avoir de grandes phases d’action, ni même une once de violence dans Abzû. Le jeu est avant tout conçu pour être apprécié comme une splendide vue sur la mer, une grande toile impressionniste ou encore le concert d’un orchestre symphonique.

Le titre a une direction artistique qui contraste avec le reste de l’industrie vidéoludique : entre abstraction et couleurs vives, vous vous laisserez facilement séduire par les graphismes – complètement maîtrisés par la Switch, par ailleurs. Les lumières, ainsi que les effets d’eau et de mouvement entraîneront très rapidement n’importe quel joueur dans l’ivresse des profondeurs.

Qu’en est-il de l’histoire ? Sans spoiler, difficile de parler d’une vraie construction de scénario. Disons plutôt qu’il s’agit d’une aventure linéaire dont le message est au début très flou, pour finalement vous offrir quelques petites claques à la fin de votre périple. Dans tous les cas, alors que la pollution des eaux atteint des proportions dantesques, le jeu fera déjà office d’un bon rappel sur toute la vie qui fourmille au fond de nos océans.

Enfin, on ne peut pas parler d’Abzû sans se pencher sur tout son environnement musical. La bande-son signée Austin Wintory, en plus d’être une merveille pour les tympans, fait office de fil conducteur de l’action pendant tout le jeu, s’accélérant lorsque vous foncez à travers la faune et la flore marines, accroché à une baleine bleue, ou se ralentissant une fois que vous marquez une pause et prenez le temps de contempler le paysage océanique.

Avec ses airs rappelant les œuvres de Joe Hisaishi (compositeur de la plupart des musiques des films de Miyazaki), la BO vous entraînera plus vite que vous ne pouvez l’imaginer dans cette petite aventure sous-marine. On doit vous avouer, entre un jeu de stratégie complexe ou un FPS compétitif, que cela fait juste du bien de pouvoir se détendre, sans pour autant être inactif. On regrettera peut-être simplement une durée de vie un peu courte (1 h 30 si vous foncez tête baissée), mais l’immersion psychédélique commence dès les premiers instants.

Abzû est disponible sur PC, PS4, Xbox One et désormais Nintendo Switch.

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