AccueilÉDITO

Pourquoi J. K. Rowling est accusée de transphobie après des tweets

Publié le

par Manon Marcillat

(Capture d’écran YouTube)

L'autrice a suscité l'indignation de nombreux internautes par ses propos excluant la réalité des personnes trans.

Dimanche, J. K. Rowling s’est de nouveau retrouvée au cœur d’une polémique sur Twitter, son nom ayant été mentionné près de 820 000 fois, après une série de tweets jugés transphobes par des milliers d’internautes.

Tout a commencé lorsque l’autrice de la saga Harry Potter a relayé sur Twitter un article de Devex, intitulé "Créer un monde post-covid plus égalitaire pour les personnes qui ont leurs règles", qu’elle a accompagné du commentaire suivant : « Je suis sûre qu’il y avait un mot pour ces personnes. Aidez-moi. Wumben ? Wimpund ? Woomud ? », en faisant allusion au mot "woman".

Alors que l’article de Devex avait utilisé l’expression inclusive de "personnes qui ont leurs règles" afin d’inclure dans sa réflexion les personnes non-binaires, J. K. Rowling, par sa tentative d’humour, en exclut les hommes trans qui peuvent être concernés par les menstruations et oublie également que de nombreuses femmes n’ont pas leurs règles.

Accusée de transphobie, elle s’est défendue à travers trois tweets, affirmant son profond respect envers la communauté trans, mais soutenant que l’on ne peut remettre en question la réalité du sexe biologique : 

"Si le sexe n’existe pas, il n’y a pas d’attirance entre les personnes de même sexe. Si le sexe n’existe pas, la réalité que vivent les femmes dans le monde est effacée. Je connais et j’aime des personnes trans, mais effacer le concept même de sexe empêche beaucoup de personnes de parler de leurs vies. Ce n’est pas de la haine que de dire la vérité.

L’idée que des femmes, comme moi, qui sont en empathie avec les personnes trans depuis des décennies et éprouvent un lien avec elles parce qu’elles sont tout aussi vulnérables que les femmes – à la violence des hommes, par exemple –, haïraient les personnes trans car elles pensent que le sexe [masculin et le sexe féminin] est une réalité est absurde. Si le sexe n’est pas une réalité, alors il n’y a pas d’attirance de "même sexe".

Je respecte le droit de chaque personne trans de vivre comme bon lui semble. Je marcherai à vos côtés si vous êtes victimes de discrimination en raison de votre transidentité. En même temps, ma vie a été façonnée par le fait d’être une femme. Je ne crois pas que dire cela relève de la haine".

Glaad, la "Gay & Lesbian Alliance Against Defamation" a également réagi aux propos de J. K. Rowling sur Twitter lui reprochant de s’être alignée sur une idéologie qui "déforme délibérément les faits sur l’identité de genre et les personnes trans. En 2020, il n’y a aucune excuse pour cibler les personnes trans".

Ce n’est pas la première fois que l’autrice d’Harry Potter est accusée de transphobie. En décembre 2019, elle avait publiquement soutenu la chercheuse Maya Forstater qui avait été licenciée après avoir affirmé qu’une personne ne pouvait pas changer son sexe biologique.

À voir aussi sur konbini :