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En images : l'autre quotidien des Palestiniens

Publié le

par Constance Bloch

Lorsque l'on pense à la Palestine, les images qui nous viennent à l'esprit ne sont pas des plus gaies : des camps de réfugiés, des gamins lançant des pierres aux soldats israéliens ou encore des mères dévastées par la perte d'un enfant tué pendant le conflit.

Avec sa série Occupied Pleasures, la photographe Tanya Habjouq, installée à Jérusalem-Est depuis 2009, a décidé de photographier une autre facette de la vie des Palestiniens qui habitent dans les territoires occupés. Elle explique au New York Times :

J'ai vraiment ressenti le besoin de trouver un autre moyen de raconter une histoire, pas seulement pour lui donner du sens pour moi, mais aussi pour les autres. Je vais montrer mon travail à mes enfants, puisque c'est aussi leur maison.

Cisjordanie : Hyatt (à gauche) a récemment suivi un cours de yoga donné par un professeur américain en visite. Désormais, elle enseigne aux jeunes de son village Zataara (2012)

Ainsi, elle a braqué son objectif sur les moments de plaisir plutôt que sur ceux de souffrance.

J'admire les Palestiniens car ils ne font pas que survivre, ils arrivent à profiter de la vie malgré les difficultés du quotidien et de la situation politique.

Les clichés montrent des distractions simples et parfois décalées : une jeune fille qui s'essaie au surf, des femmes qui font du yoga, un parc d'attraction... Des scènes bien loin de celles auxquelles on est habitué. Et parfois, les personnes qu'elle a souhaité photographier étaient très sceptiques quant à son projet :

De temps en temps, certaines personnes se sentaient offensées quand je leur disais ce que je faisais. Elles me disaient : "On souffre et tu veux parler des choses qui vont bien ?" Je devais alors leur expliquer le projet. Spécialement à Gaza.

Mais la plupart du temps, une fois que la photographe leur avait exposé son idée, ils étaient presque tous d'accord pour être photographiés dans des moments de joie ou d'évasion.

Les étudiants de l'université de Al-Quds ont une équipe de lancé de javelot et se sont rassemblés pour un dernier entrainement avant l'été à Abu Dis, à côté du mur de séparation israélien (2013)

Ses clichés ont été exposés l'année dernière à l'occasion de Photoquai, la biennale des images du monde. Alors, Tanya Habjouqa expliquait ne pas uniquement se considérer comme une photojournaliste :

Ma démarche participe d'une approche anthropologique, à mon sens plus respectueuse qu'un angle purement journalistique, et est liée à ma propre appartenance à cet environnement.

Je soutiens que les bons journalistes sont aussi de bons anthropologues. J’aime travailler sur le long terme. Dans la mesure du possible, je préfère passer du temps avec les gens plutôt que débouler chez eux avec mon appareil photo.

Un camion qui vend des jouets au large de la plage de Gaza (2013)

Un jeune Palestinien profite d'une baignade à Ein Farha, considéré comme l'un des plus beaux endroits de Cisjordanie (2013)

Gaza : une femme joue avec deux bébés lions au zoo de Rafah. Gaza comptait 6 zoos, mais deux ont fermé pour problèmes financiers et en raison du décès de plusieurs animaux (2013)

Sabah Abu Ghanim, 14 ans, est une surfeuse célèbre à Gaza

Deux fabricants de meubles font une pause dans leurs fauteuils près du mur de séparation (2013)

L'équipe de Parkour de Gaza s'entraîne dans un cimetière en dehors de leur camp de réfugiés à Khan Younis

Des adolescentes font des essayages pour aller à un bal organisé par leur école privée à Ramallah

Une jeune fille au parc d'attraction Banana Land de Jericho est prise en photo dans un studio

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