AccueilÉDITO

Dan Witz peint les pogos hardcore comme personne

Publié le

par Théo Chapuis

(Crédits image : Dan Witz)

Dan Witz expose une série de peintures de moshpits de la scène hardcore à New York. Soit une ode aux pogos déclamée à l'huile sur toile.

(Crédits image : Dan Witz)

Le New York Hardcore. Pour certains, ce n'est qu'une scène musicale, plus ou moins disparue depuis la fin des années 2000 ; pour d'autres c'est un sacerdoce, une façon de vivre, une religion. Dès l'aube des années 80, voulant se distancier de la déchéance autodestructrice des punks, ces jeunes fondent alors des groupes de musique d'une violence alors inédite et remisent les Ramones à un groupe de vieux cons.

Particularité de la scène : être à la base de la popularisation du moshpit, vénérable ancêtre du pogo, carrément une institution au fil des années. Au début des années 80, danser dans un moshpit était tellement cool que certains en ont fait des chansons. Pour le comprendre, c'est très simple : même si celui-ci semble obéir aux règles d'un gigantesque bordel général, il faut savoir qu'il est avant tout une danse dans laquelle on se sent libre de se toucher, de sauter, de pousser et de faire n'importe quoi... mais dans le respect relatif des individus autour de soi – et sans chercher à se battre avec eux.

Peintre post-punk

Dan Witz en sait quelque chose. Plus jeune, il faisait partie de ce mouvement et comme tant d'autres, il a lui aussi été un jeune et éphémère musicien, militant de cette sous-culture musicale fière et idéaliste. Aujourd'hui, il a raccroché la guitare depuis longtemps et exerce sa catharsis avec ses pinceaux plutôt qu'en hurlant dans un micro. Fort de son expérience, ce peintre new-yorkais expose du 5 avril au 3 mai à la Jonathan Levine Gallery de New York une série sobrement intitulée "NY Hardcore". Sur ses toiles, rien d'autres que de nombreux spécimens de la scène hardcore de la Grosse Pomme, affairés à "mosher" avec soin parmi d'autres fans. Et c'est foutrement réussi.

Les sujets peints par Dan Witz sont tous ces gens qui font les couleurs du hardcore : skins, punks, no look, bodybuilders, petits, gros, hommes, femmes... tout ce que les salles de concerts miteuses de la métropole comptent comme danseurs de slamdancing potentiel. Witz a aussi peint d'autres personnages : amateurs de hip-hop, meute de chiens, hommes d'affaires... en somme, ces habitués des petits espaces confinés dans lesquels les larsens bousillent les oreilles semble fasciné par tous les mouvements de foule. Tant qu'ils sont violents et désordonnés.

Bosch et Bacon sont dans un pogo

Dans ses tableaux hyper-réalistes, le peintre Dan Witz distille juste assez de fiel pour qu'on retrouve l'atmosphère bouillonnante d'un moshpit. Au détour d'un coude, d'une épaule ou d'une nuque, on pense parfois croiser les étranges regards du Jardin des Délices de Bosch ou, pire encore, les abominations décharnées de Francis Bacon.

Mais passé le premier regard, on se prend à observer les scènes peintes par Dan Witz comme si elles étaient échappées de cartoons burlesques où les protagonistes se battent de façon absurde, en mettant leur monde sens dessus dessous. Un témoignage vibrant et charnel à l'une des scènes musicales les plus passionnantes.

C'est certain, Dan Witz peint les moshpits comme personne.

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

(Crédits image : Dan Witz)

À voir aussi sur konbini :