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Voilà à quoi ressemblaient les photos de l'un des premiers paparazzis

Publié le

par Anaïs Chatellier

Le livre Paparazzo: The Elio Sorci Collection, sorti ce mois-ci, revient sur la carrière du photographe Elio Sorci, considéré comme l'un des premiers paparazzis. 

Brigitte Bardot Filming In Fiesole, Tuscany, 1962

L'Italie post-fasciste du début des années 1950, l'explosion de la production de films internationaux et l'engouement des stars pour Rome. Tout semblait disposer Elio Sorci à devenir un des premiers paparazzis, expression rendue populaire grâce au film culte La Dolce Vita de Federico Fellini sorti en 1960.

Le personnage nommé Paparazzo dans le film représentait alors à merveille cette nouvelle génération de prédateurs, appareil photo toujours au cou, prêt à tout pour capturer le glamour et la décadence de la vie romaine.

"Ce qui m'intéressait, c'était le scoop journalistique"

Alors qu'Elio Sorci n'a que 21 ans, deux événements particulièrement importants en 1953 vont l'encourager à devenir un des paparazzi les plus redoutables, raconte The Telegraph. Cette année-là, Audrey Hepburn tourne dans les rues de Rome le film oscarisé Vacances Romaines, qui raconte l'histoire d'un amour impossible entre une princesse et un journaliste interprété par Gregory Peck. Alors que la princesse tente de rester incognito et que des rumeurs courent sur une possible liaison entre les deux acteurs, Elio Sorci saute sur l'occasion pour les suivre à la trace dans les moindres recoins de la capitale.

Quelques mois plus tard, le scandale Montesi éclate lorsqu'on retrouve le corps d'une jeune femme sur la plage de Torvaianica près de Rome. La répercussion médiatique est alors considérable puisque plusieurs fonctionnaires semblent impliqués dans l'affaire. Elio Sorci saisit de nouveau l'opportunité pour documenter le feuilleton à chaque nouvelle révélation.

C'est ainsi qu'il se fait rapidement une place auprès des stars hollywoodiennes, des hommes politiques et toutes personnalités faisant le "buzz" à l'époque. Il faut dire que la réouverture en 1947 des studios de cinéma de Cinecittà a attiré de nombreuses productions américaines. C'est ainsi qu'il a eu l'occasion de photographier - ou d'espionner - des stars comme Mick Jagger, Brigitte Bardot, Sophia Loren, Clint Eastwood ou encore Grace Kelly.

Ce qui m'intéressait c'était le scoop journalistique, le fait d'être le seul à l'avoir, peu importe le temps que cela me prenait. C'était mon business que de prendre des photos dans des lieux où les photographes n'étaient pas autorisés. Ce que nous avons fait, sans le savoir à ce moment-là, c'est de créer une nouvelle ère du photojournalisme.

Et pour pouvoir mener à bien cette quête du sensationnel, un paparazzo devait être "jeune, insouciant, un homme heureux qui gagne son pain en mettant les autres personnes en difficultés et qui n'a pas peur de prendre des risques" selon le photographe.

Il faut croire que l'activité était lucrative puisqu'en 1963 Elio Sorci est nommé "le photographe le mieux payé au monde". Alors que les paparazzi d'aujourd'hui semblent davantage s'intéresser à zoomer sur le moindre bout de cellulite des personnalités pour alimenter les Closer, People et autres Voici, Elio Sorci, lui, avait au moins un bon oeil.

Sophia Loren lors de la première d'un film ( More Than A Miracle), Naples, 1967

Mick et Bianca Jagger  dans les rues d Rome, 1979

Audrey Hepburn dans une épicerie de Rome, 1961

Elizabeth Taylor à Rome en 1962

Clint Eastwood qui fait du skate dans les rues de Rome, 1965

Princesse Grace de Monaco, Rome, 1957

Dodo D'Hambourg, Rome, 1960

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