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Zara, Marc Jacobs, Petit Bateau... quand les vêtements font polémique

La marque Zara a choqué son monde, mercredi. En cause, un t-shirt ressemblant étrangement à une tenue de déporté de la Second Guerre mondiale. Mais l'enseigne espagnole ne fait qu'ajouter un "bad buzz" à la longue liste des bourdes des grandes marques. Retour sur quelques fails de l'industrie textile.

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C'est un t-shirt pour enfants qui s'est transformé en véritable bombe. Vendu 12 euros sur le site internet de Zara, ce haut (photo ci-dessus) a suscité une levée de boucliers. Rayures, étoile jaune similaire à l'étoile de David : la ressemblance de la marinière avec la tenue des déportés de la Seconde Guerre mondiale est flagrante. D'où la vague de réactions outrées publiées sur les réseaux sociaux ce matin.

Le vêtement était disponible sur les sites français, albanais, suédois et israélien (!), selon le site 972, ainsi qu'en Grande-Bretagne. Face à ces réactions, Zara a présenté des excuses aux consommateurs. Sur Twitter, le géant de la fripe s'est exprimé en ces termes, invoquant un t-shirt d'inspiration Far West et annonçant le retrait du produit :

Malgré ce rétropédalage, cette marinière apporte à Zara une mauvaise presse évidente dont la marque se serait bien passée. Mais les références malheureuses aux camps de concentration sont, hélas, fréquentes. On se souvient par exemple du t-shirt à imprimé néonazi commercialisé par Marc Jacobs l'an dernier. Et ce n'est là qu'une erreur dans une longue liste de précédents.

Les bodys de Petit Bateau

L'industrie textile n'a pas besoin de faire référence au nazisme pour choquer involontairement : il y a aussi le sexisme. En témoigne l'affaire des bodys de Petit Bateau, survenue à l'été 2011.

La marque pour enfants avait provoqué un tollé en présentant deux bodys pour garçons et filles, avec des designs bien distincts pour chaque sexe. Pour les garçons, des adjectifs brodés en bleu : "courageux, fort, fier, vaillant, robuste, rusé, habile, déterminé, espiègle, cool". Pour les filles, du rose, et les qualificatifs suivants : "jolie, têtue, rigolote, douce, gourmande, coquette, amoureuse, mignonne, élégante, belle". Vous avez dit cliché ?

Les bodys qui firent chavirer Petit Bateau.

Les bodys qui firent chavirer Petit Bateau.

Les deux vêtements avaient immédiatement provoqué des réactions indignées un peu partout sur la Toile, et notamment sur Facebook, où une page intitulée Petit Matcheau tournait le fabricant en dérision. Conséquence logique, la marque s'est excusée, indiquant ne pas avoir voulu "véhiculer un message sexiste", et a promis de considérer le retrait des bodys incriminés.

Une photo à 28 millions de dollars

La même année, de l'autre côté de l'Atlantique, la marque Urban Outfitters avait provoqué l'ire des parents de Hailey Clauson, une jeune mannequin de 15 ans. Ceux-ci réclamaient un dédommagement de 28 millions de dollars. Pourquoi ? Comme le relate L'Express, l'un des t-shirts du fabricant affichait une photo de la jeune fille, jambes écartées sur une moto. Un cliché que les géniteurs de Hailey Clauson ont trouvé choquant, d'autant plus qu'ils déclaraient ne pas avoir donné leur autorisation.

La photo de hailey Clauson et le tshirt qui l'utilise.

La photo de Hailey Clauson et le t-shirt qui l'utilise.

Nike choque Boston

Plus récemment, Nike a essuyé de nombreuses critiques l'an dernier, peu après le double attentat à la bombe qui fit trois mort et plus de 130 blessés le 15 avril 2013. L'équipementier a eu la mauvaise idée de mettre en vente des t-shirts estampillés "Boston massacre", en lettres blanches éclaboussées de gouttes de sang.

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Le slogan fait référence aux victoires au base-ball de l'équipe des Yankees de New York sur les Red Sox de Boston, en 1978 et en 2006, qui éliminèrent les Sox du tournoi national. Mais cette private joke, survenue juste après les deux tragiques attentats, n'a fait sourire personne. Nike a pris acte de son erreur de timing en retirant les t-shirts de la vente. Que Zara se rassure donc avec sa marinière, la marque espagnole n'a pas le monopole du mauvais goût.

Par François Oulac, publié le 28/08/2014