© YSL

Une pub YSL censurée au Royaume-Uni pour cause de glamourisation de la maigreur

La dernière campagne de publicité d'Yves Saint-Laurent n'est pas la bienvenue dans le ELLE britannique. Et pour cause, l'autorité de surveillance de la publicité du Royaume a jugé la modèle "en insuffisance pondérale maladive".

© Yves Saint-Laurent

La photo incriminée © Yves Saint-Laurent

L'Advertising Standards Authority (ASA), équivalent de l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) française, a décidé de censurer la dernière publicité de la maison Yves Saint-Laurent. Mise en scène d'une jeune femme vêtue de noir allongée dans un décor noir et blanc, la photographie a fait sa première et dernière apparition au Royaume-Uni dans le magazine ELLE.

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L'instance de surveillance de la publicité met en cause l'apparence décharnée du modèle qui figure sur la campagne publicitaire. Afin de justifier leur jugement, les plaignants ont invoqué "l'insuffisance pondérale maladive" de la protagoniste. L'ASA détaille :

L'ASA considère que la pose du modèle et les effets lumineux particuliers de la publicité mettent particulièrement en avant le torse du mannequin, où sa cage thoracique est visible et apparaît proéminente, ainsi que ses jambes, où ses cuisses semblent avoir la même largeur que ses genoux, qui paraissent vraiment minces [...] Nous considérons donc que le modèle semble en insuffisance pondérale maladive sur cette image et concluons que la publicité est irresponsable.

Glamourisation de la maigreur

Dès lors, la campagne publicitaire de la marque a été interdite de diffusion afin d'éviter une glamourisation de la maigreur. L'ASA ne transige pas avec le diktat de la minceur et la mise en danger du public exposé à de telles images puisqu'elle a déjà procédé à plusieurs condamnations ces dernières années. Ainsi, en 2011, elle n'a pas hésité à faire subir le même destin aux photographies du modèle Amanda Hendrick, qui posait pour le site de Drop Dead Clothing en bikini.

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Le géant français de la mode n'en est pas à son premier scandale en matière de maigreur. En 2011, YSL avait déjà fait face à la critique après un défilé présentant la collection masculine de la marque. L'un des modèles avait laissé "sans voix" la bloggeuse Poppy Dinsey, qui avait souligné la maigreur de l'homme et mis en cause le casting du show.

Un débat récurrent dans l'industrie qui a notamment animé le parlement français. En avril dernier, les instances législatives du pays se positionnaient contre l'exploitation de la maigreur dans la mode en interdisant, entre autres, l'emploi de modèles ayant un indice de masse corporelle trop faible.

Par Aline Cantos, publié le 03/06/2015

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