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Tout ce qu’il fallait retenir de la WWDC, la conférence des développeurs d’Apple

Un iMac surhumain, de la réalité virtuelle sur ordinateur portable, des mises à jour à gogo : la conférence d’Apple nous a offert une avalanche d’annonces.

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Dès les premières minutes de son discours, seul sur scène dans son cône de lumière devant 5 300 personnes, Tim Cook nous avait prévenus : cette conférence internationale des développeurs (WWDC) d’Apple allait être "la meilleure et la plus importante" jamais organisée. La firme ayant l’emphase pour péché mignon, on pouvait légitimement rester sceptique, d’autant que les rumeurs n’étaient pas particulièrement croustillantes dans les semaines précédant l’événement. Deux heures trente plus tard, on fonçait en zone de test avec une liste de courses bien plus importante que prévu : oui, cette année, Apple avait des choses à nous dire et, surtout, à nous montrer, entre présentation de matériel et mises à jour en pagaille. Voilà ce qu’il fallait en retenir.

Avec HomePod, Apple répond à Google et Amazon

Une enceinte connectée qui cache un contrôleur de maison connectée et un assistant vocal avec Siri ? Voilà ce que veut être HomePod, la réponse (tardive) d’Apple à Google Home, Amazon Echo et aux enceintes Sonos. Le design est léché, les fonctionnalités solides sur le papier, mais on attend encore de l’avoir en mains pour connaître son véritable potentiel. Réponse en fin d’année pour quelques pays, puis en 2018 pour la France et le reste du monde, avec un prix de vente pour le moment fixé à 350 dollars. Oui, c’est plus cher que la concurrence, mais c’est aussi censé être plus complet. Pour une présentation détaillée, ça se passe par là.

L’iMac Pro, une machine de guerre de 27 pouces

Apple n’a pas abandonné les ordinateurs de bureau, loin de là. À la WWDC, la marque a présenté le futur iMac Pro, tout simplement l’ordinateur le plus puissant jamais imaginé par Tim Cook et ses ouailles. Une bête de course portée par une nouvelle architecture de refroidissement qui propose une configuration maximale d’un autre monde, avec un écran 5K de 27 pouces, un processeur 18 cœurs Xeon, une carte graphique Radeon Pro Vega 16 GB de VRAM offrant 22 teraflops, un SSD de 4 téraoctets, 128 Go de mémoire ECC (un type de mémoire vive sans erreurs), 4 ports Thunderbolt 3 et un port 10 gigabits Ethernet intégré. À 4 999 dollars, le super-ordinateur du futur est évidemment dévolu au rendu 3D en temps réel, à la conception de programmes de réalité virtuelle et à l’utilisation de machine learning et autres joyeusetés ultra-gourmandes en ressources. Mais si vous voulez l’utiliser pour aller sur Facebook, ça fonctionnera aussi très bien.

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La fin des pubs en ligne grâce à macOS High Sierra ?

Faute de nous avoir présenté un véritable successeur à macOS Sierra, Apple a préféré passer un an à l’améliorer. Résultat : une nouvelle version, baptisée High Sierra, disponible à l’automne prochain et déjà ouverte aux développeurs. Outre une refonte du service de photos qui inclut une IA de reconnaissance faciale pour trier vos collections, l’introduction du successeur du format de compression vidéo H.264 – le H.265, 40 % plus efficace — et le lancement d’un nouveau système de fichiers, l’Apple File System (APFS), pour remplacer le vieil HFS et dupliquer vos vidéos en un battement de cils, High Sierra concentre ses efforts sur Safari, qui tourne désormais 80 % plus vite. Selon Apple, le navigateur est désormais "le plus rapide du monde", loin devant Chrome.

Autres innovations, que l’on attend réellement de voir en action : le blocage des publicités en lecture automatique et le déploiement d’une sorte de bouclier anti-mouchards, tous deux portés une IA. Si ça fonctionne vraiment et que l’algorithme parvient à différencier les publicités des lecteurs vidéos intégrés aux pages, alors Safari aura un excellent argument à faire valoir par rapport à la concurrence.

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Un nouvel iPad Pro de 10,5 pouces

La gamme des iPad s’étoffe encore avec l’introduction de l’iPad Pro de 10,5 pouces aux bordures plus fines (l’appareil fait  la même taille que la précédente version de 9,7 pouces) au poids réduit (450 grammes) et à l’écran boosté à 600 nits, soit 60 % plus brillant que les précédents, qui permet désormais de lire les vidéos HDR. Côté processeur, la machine se voit équipée d’une puce A10X de six ou douze cœurs, 30 % plus rapide que la précédente, avec une carte graphique accélérée de 40 %. Autre innovation présentée par la marque : le système ProMotion, qui ajuste la fréquence de rafraîchissement de l’écran en fonction du contenu, en allant jusqu’à 120 Hz, pour une navigation toujours plus fluide. Pour son lancement dans les jours à venir, l’iPad Pro débute à 64 Go de mémoire pour 739 euros (pour la version wi-fi uniquement).

iOS 11, le grand chambardement

Pas forcément la plus spectaculaire des annonces, la nouvelle version d’iOS est pourtant le gros morceau de cette WWDC 2017. Le système d’exploitation mobile d’Apple a été entièrement repensé et déploie désormais tout un éventail de nouvelles fonctionnalités, en amenant toujours plus d’intelligence artificielle dans les appareils mobiles. Magie du deep learning, Siri a désormais une nouvelle voix capable de moduler différents types de tonalités naturelles (et ça marche), et peut maintenant traduire de l’anglais vers le français, le chinois, l’allemand, l’italien et l’espagnol. En étudiant votre comportement de navigation (notamment via vos recherches en ligne ou vos demandes vocales) grâce à une IA embarquée sur l’appareil, Siri tente également de deviner ce que vous allez chercher à obtenir et suggère des résultats de recherche à l’avance. Vous vous renseignez sur un bled en Islande ? Votre téléphone le sait, et vous voilà inondé de news sur l’Islande tandis que le nom du bled est suggéré en saisie automatique dans vos messages. Et comme vos appareils sont tous reliés entre eux, Siri en sait toujours plus sur ce que vous faites. C’est "totalement privé", assure Apple, et si ça fonctionne comme prévu, ça risque autant d’émerveiller que de terrifier.

Autre démo d’IA : Siri reconnaît maintenant quand quelqu’un vous écrit "tu me dois…" accompagné d’un montant et vous propose d’utiliser Apple Pay directement dans les messages, avec ledit montant pré-entré. Oui, l’Apple Pay permet désormais le paiement de personne à personne et le transfert bancaire via Touch ID. Le mode photo bénéficie d’une amélioration en basse lumière et utilise les photos Live pour créer des gifs, des photos "Bounce" (une vidéo qui se déroule puis revient en arrière indéfiniment) et une option "exposition longue" pour capturer, par exemple, l’effet du courant dans une rivière. Les iMessages vivent maintenant sur iCloud en restant chiffrés de bout en bout, le Centre de contrôle est transformé en simple mosaïque, les écrans de verrouillage et de notifications fusionnent et pour finir, iOS 11 offre une fonctionnalité plutôt cool : un mode "ne pas déranger quand je conduis". Lorsque vous êtes au volant, l’accéléromètre du téléphone reconnaît quand vous roulez et stoppe automatiquement les notifications tout en répondant à ceux qui vous contactent par un message qui dit, grosso modo, que vous n’êtes pas dispo pour répondre. Des changements d’envergure qui s’installeront sur tous les appareils mobiles d’Apple d’ici la fin de l’année. Quand à l’iOS 11 pour iPad, il offre aux tablettes des fonctionnalités plus proches d’un ordinateur de bureau, avec un "drag and drop" et l’introduction du système Files, qui permet de créer des dossiers… à la Windows, finalement.

Réalité augmentée, réalité virtuelle, IA : open bar

Si une partie de la conférence WWDC a présenté des innovations destinées à la vie quotidienne des utilisateurs, Apple en a aussi profité pour clarifier sa stratégie à plus long terme, en intégrant la réalité augmentée (AR), la réalité virtuelle (VR) et l’intelligence artificielle au cœur de ses préoccupations. Les développeurs pourront ainsi bientôt s’amuser sur les interfaces de programmation (API) Metal 2 et Core ML, optimisé pour le machine learning et les réseaux neuronaux, ou Metal VR, pensé pour la réalité virtuelle et compatible avec les cartes graphiques externes, le casque HTC Vive, Steam VR et les moteurs graphiques Unreal et Unity. Les cinéastes apprécieront quant à eux la nouvelle version de Final Cut, optimisée pour le montage de vidéos à 360 degrés.

Après Google et Facebook, Apple dévoile à son tour un API d’intégration de la réalité augmentée directement sur les appareils mobiles, ARKit, qui permet la création d’objets virtuels qui interagissent entre eux et s’adaptent à la lumière ambiante et aux dimensions des espaces. Une plateforme qui permettra à des dizaines de millions de téléphones portables et de tablettes de devenir de véritables appareils de réalité augmentée et deviendra de facto "la plus large du monde", précise Apple, vu le nombre d’applis AR déjà disponibles. Et du peu qu’on en a vu lors de la conférence, avec une scène de guerre filmée sur une table à travers un iPad par Wingnut AR (la compagnie de Peter Jackson), le résultat est à la hauteur des attentes. On pense immédiatement à Pokémon Go : d’ici 2018, les Pokémon que vous croisez devraient avoir l’air bien plus réels.

Enfin, côté réalité virtuelle, la prochaine ligne d’iMac et de MacBook a clairement pour idée de pouvoir faire tourner du contenu VR, les premiers en intégrant des cartes graphiques puissantes, les seconds en proposant une compatibilité avec les cartes graphiques externes. Dans ce dernier cas, l’ensemble ordinateur/carte graphique/casque de VR coûtera toujours un bras, mais pouvoir jouer à des jeux (simples), créer des séquences cinématographiques à 90 images par seconde avec l’outil d’ILMxLab, (la compagnie de George Lucas) ou faire du level design en VR avec un matériel mobile installé en deux minutes sur une table, préfigure un futur radieux pour les partisans de la technologie immersive. Globalement, les démos offertes par Apple étaient un peu datées par rapport à l’état de l’art de la VR mais, doucement, on se rapproche de configurations suffisamment simples et abordables pour que le grand public l’adopte…

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La gamme des iMac et des MacBook s’offre une cure de puissance

Outre le titanesque iMac Pro dévoilé par Apple, c’est toute la collection iMac et MacBook qui bénéficie d’une refonte de matériel, soit sept appareils. Côté iMac, les écrans sont désormais 43 % plus brillants, les ordinateurs accueillent des processeurs Intel Kaby Lake de 7e génération et la RAM grimpe à 32 Go sur le 21,5 pouces et 64 Go sur le 27 pouces. Les iMac se voient également dotés de ports USB-C Thunderbolt 3, et peuvent donc désormais supporter la VR grâce à une nouvelle carte graphique de chez Radeon et un écran Retina 4K.

Les MacBook ne sont pas en reste puisqu’ils bénéficient aussi de la grande distribution de processeurs de 7e génération Intel et se voient équipés de SSD deux fois plus rapides que leurs prédécesseurs. Tous sont disponibles à la vente dès aujourd’hui, les iMac 21,5 pouces démarrant à "seulement" 1 299 euros, le modèle 4K à 1 499 euros et les 27 pouces démarrant à 2 099 euros. Un coup de jeune bien mérité et nécessaire pour les ordinateurs Mac, qui redeviennent synonymes de puissance. En revanche, on est toujours sans nouvelles des MacBook Air…

Par Thibault Prévost, publié le 06/06/2017

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