En images : Word On The Water, la librairie la plus cool de Londres

Lire des livres, c'est bien. Les dénicher sur un bateau, c'est mieux. À Londres, il existe une librairie flottante appelée "Word on the Water". On est allé à la rencontre de son proriétaire. 

Il est facile de balancer des bouts de phrases comme "plus personne ne lit" lorsque l'on est rivé à son smartphone, toujours connecté à Internet. Mais si cela était vrai, "Word on the Water", la première et unique librairie sur l'eau de Londres, n'aurait pas un tel succès sur les rives de Regents Canal.

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"Word on the Water", une librairie flottante (Image : Matthew Kirby)

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Revenons-en aux origines. C'est en 2011 que Jonathan Privett et son associé Paddy Screech ont créé cette barque peu ordinaire. La seule chose qui a changé depuis, c'est leur emplacement. La boutique se targue de proposer un impressionnant éventail de livres, allant des classiques de la littérature à des titres plus cérébraux en passant par des ouvrages consacrés à l'amélioration de vos positions de yoga préférées. Les clients, eux, sont aussi différents que les couvertures.

Tout ceci fait de "Word on the Water" une librairie attrayante qui sort du lot, alors que les librairies traditionnelles sont mises à mal par les difficultés financières. En cause notamment, l'émergence des liseuses : en France, le nombre de livres numériques vendus a augmenté de près de 45% pour la seule année 2014.

Nous sommes allés à la rencontre de Paddy, l'un des propriétaires. Notre première question ? Comprendre le succès de sa librairie :

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L'idée de départ était de trouver un moyen de ne jamais quitter le canal. Nous ne nous attendions pas à devenir connu, bien évidemment. Nous n'avons fait aucune publicité, donc la réaction du public a été une surprise. Cette semaine, nous avons tweeté que nous avons eu l'autorisation de nous amarrer de manière permanente à Granary Square, King's Cross.

Et de poursuivre :

Nous avons essayé de comprendre le pourquoi de notre popularité. Nous pensons que c'est dans l'air du temps. Ce n'est pas artificiel, c'est clairement l'œuvre de vraies personnes. Évidemment, nous ne gagnons pas beaucoup. Tout tourne autour de cet objet tangible qu'est le livre. C'est fascinant qu'à Londres, en 2015, tout ne soit pas qu'une question d'argent.

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Paddy Screech started the shop in 2011 with his business partner.

Paddy Screech a lancé sa librairie avec son associé en 2011 (Image : Matthew Kirby)

Hundreds, perhaps  thousands of books are stored on the floating barge (Image: Matthew Kirby)

Des centaines, voire des milliers de libres sont stockés sur la péniche. (Image : Matthew Kirby)

À la source du succès, les livres

C'est aussi l'origine des livres, plutôt ancienne, qui est soulignée par le propriétaire :

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Ils sont vieux, et tout le monde aime le vintage en ce moment. Il semble que notre relation compliquée avec le temps présent se manifeste dans notre amour pour les vieilles choses. Lorsque les enfants pensent que c'est à la mode d'avoir une barbe à la D. H. Lawrence [un célèbre écrivain britannique, ndlr], vous savez qu'ils ne se précipiteront pas vers le futur. Finalement, comme dit mon ami John : "Les livres sont bons. Les gens sensibles les aiment toujours".

Et de préciser :

Les livres sont une porte de sortie. C'est un refuge dans un monde fictif. Les Londoniens n'ont jamais voulu s'échapper autant qu'aujourd'hui. Le canal représente cette ouverture, en quelque sorte. Toutes les difficultés de la vie moderne à Londres s'expriment ici. Les gens bons de la ville sont transportés à la campagne par le canal.

Print isn't dead. (image: Matthew Kirby)

Print isn't dead. (Image: Matthew Kirby)

Les livres ne sont pas morts. Si vous pensez que votre obsession avec les vinyles est étrange, alors attendez que la même chose se passe avec les livres. Ce n'est pas juste pour garder un vieux support d'actualité. La relation entre les gens et les livres est profonde. C'est un objet. C'était le cas lorsque nous vendions des livres éreintés, des antiquités invendables pour plus d'un pound.

De nos jours, ils partent pour dix livres parce que ce sont de beaux, de vieux objets. Même l'industrie de la publication a recommencé à faire des livres plus attrayants, à l'apparence plus vieille, et ils se vendent comme des petits pains. Les librairies ne mettent pas la clef sous la porte parce que les gens ne veulent plus de livres. Ils ferment car plus personne ne peut payer le loyer.

A customer peruses the items on sale (Image: Matthew Kirby)

Les clients observent les livres à vendre (Image : Matthew Kirby)

Currently located in Angel the boat will soon move to King's Cross. (Image: Matthew Kirby)

En ce moment à Angel, le bateau sera bientôt amarré à King's Cross. (Image : Matthew Kirby)

Shelves on shelves on shelves (Image: Matthew Kirby)

Des étagères sur des étagères sur des étagères. (Image : Matthew Kirby)

A old typewriter (Image: Matthew Kirby)

Une vieille machine à écrire à l'intérieur du bateau (Image : Matthew Kirby)

Par , publié le 06/07/2015

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