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#WhenIWas, le hashtag qui dénonce le sexisme subi dès le plus jeune âge

Publié le

par Justina Bakutyte

Sur Twitter, des femmes utilisent le hashtag #WhenIWas pour raconter la première fois qu’elles ont été confrontées au sexisme ou au harcèlement sexuel. Leurs récits sont glaçants. 

"Quand j’avais 6 ans, on m’a dit de porter des pantalons de pyjama plutôt que des chemises de nuit aux soirées pyjama pour ne pas tenter les papas de mes amies." C’est l’un des (nombreux) témoignages perturbants qui ont émergé, en anglais, sur Twitter la semaine dernière.

Depuis mardi dernier, des femmes de toute la planète racontent sur Twitter comment elles ont été confrontées au sexisme pour la première fois avec le hashtag devenu viral #WhenIWas. Lancée par le projet Everyday Sexism, cette campagne sur les réseaux sociaux encourage les femmes à partager leur expérience. Harcèlement sexuel, viol, objectification, maltraitance, etc., leurs messages montrent que le sexisme est profondément ancré dans notre société.

Traduction : "Quand j’avais 13 ans, j’ai dit aux professeurs que je voulais être ingénieure. 'Trop compliqué, les femmes ne font pas ça d’habitude.' J’étais la meilleure de ma classe en math."

L’initiative a rapidement pris de l’ampleur et a été couverte par plusieurs médias. Certains disent que ce hashtag n'apporte rien de plus car des campagnes similaires ont déjà été menées auparavant.

Cette campagne-ci, cependant, s'attache à souligner que le sexisme et le harcèlement sexuel ne concernent pas seulement les femmes adultes, mais rythment très souvent la vie des jeunes filles aussi, malheureusement.

Selon une enquête soutenue par l'Unicef et relayée par le Huffington Post, une femme sur cinq et un homme sur quatorze déclarent avoir subi des violences sexuelles, et 81 % des victimes sont des mineurs. D'après une autre étude menée par Hollaback, 81,5 % des Européennes ont été harcelées avant l’âge de 17 ans. Ces chiffres glaçants prouvent bien que des initiatives comme #WhenIWas sont nécessaires.

Traduction : "Quand j’avais 13 ans, on m’a dit que je devrais être flattée que les hommes m’interpellent."

Traduction : "Quand j’avais 15 ans, des garçons m’ont mise à terre et m’ont frappée à l’estomac car je ne voulais pas faire un plan à trois avec eux."  

Traduction : "Quand j’avais 17 ans, on m’a dit, au tribunal, que je ne pouvais pas avoir été violée car mon violeur ne me trouvait pas attirante. Ne me dites pas qu’on n’a pas besoin de féminisme."

Traduction : "Quand j’avais 13 ans, on m’a virée de mon cours de danse de 4e car je portais une robe qui respectait le code vestimentaire mais qui m’allait 'trop bien.'"

Traduction : "Quand j’avais 15 ans, j’ai été violée sur la plage par un garçon qui me plaisait. Mes amis ont regardé la scène depuis leur voiture et n’ont rien fait. Je m’en suis voulue."

Traduction : "Quand j’avais 6 ans, les garçons relevait ma robe et baissait ma culotte. Ils n’étaient jamais punis parce que 'les garçons seront toujours des garçons.'"

Traduction : "Quand j’avais 18 ans, j’ai rompu avec mon petit ami violent. Notre église m’a demandé de ne plus venir car ma présence les mettait, lui et sa famille, mal à l’aise."

Traduction : "Quand j’étais au lycée, j’ai été agressée sexuellement. Un conseiller m’a demandé d’être solidaire avec mon école : si les agresseurs étaient suspendus, l’équipe de hockey pourrait perdre."

Traduction : "Quand j’avais 13 ans, mon professeur de math m’a dit que je n’avais pas besoin d’apprendre la géométrie parce que j’avais déjà de belles courbes."

Traduction : "Quand j’avais 12 ans, j’ai été poursuivie dans la rue par deux hommes adultes qui 'voulaient juste un baiser'."

Traduit de l’anglais par Hélaine Lefrançois

À lire -> Une campagne détourne la lettre d’admission pour dénoncer les viols dans les facs américaines

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