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Iran : faire évoluer les mentalités grâce au surf féminin

Publié le

par Naomi Clément

Introduire le surf féminin en Iran pour faire changer les choses. Voilà le projet fou de la réalisatrice française Marion Poizeau, et de trois sportives mondialement reconnues. Un projet intitulé "Waves of Freedom".

En 2010, Marion Poizeau et la surfeuse irlandaise Easkey Britton décident de s'aventurer sur les côtes iraniennes pour y surfer. Une première dans ce pays qui, bien que bordé de part et d'autres par l'océan, n'accueille que de rares amateurs de surf, encore moins lorsqu'ils sont féminins. Pendant plusieurs semaines, les deux femmes (couvertes de la tête aux pieds, y compris dans l'eau) s'essaient aux vagues de la ville de Chabahar, à la recherche de l'image parfaite, sous les regards curieux des hommes.

De ce voyage impulsé par la curiosité de deux femmes avides de sport de glisse, Marion Poizeau en fait une vidéo qu'elle publie sur Internet. Le court film suscite alors l'intérêt de nombreux Iraniens, qui lui demandent de revenir.

Cet engouement de la part des Iraniens et des Iraniennes a un impact considérable sur la réalisatrice. Trois ans plus tard, elle retourne en Iran, dans la région très isolée et conservatrice du Baloutchistan (dans le sud-est du pays). Un lieu aussi bien connu pour son trafic d'opium et ses attentats que pour ses magnifiques plages aux portes du désert.

Toujours accompagnée d'Easkey Britton, la surfeuse irlandaise, mais également de l'ambassadrice du snowboard féminin en Iran Mona Seraji et de la nageuse iranienne Shalha Yasinian, Marion Poizeau souhaite cette fois-ci réaliser un documentaire de 52 minutes sur l'introduction du surf féminin en Iran : Waves of Freedom. Le but ? Rompre les barrières culturelles du pays grâce au surf, un moyen pour les femmes iraniennes de devenir actrices du changement dans une région où on ne les attendait pas.

Par le biais de ce documentaire, Marion Poiseau et les trois sportives espèrent entre autres lutter contre l'inégalité des sexes qui règne toujours dans le pays (on se souvient notamment de cette nageuse iranienne à qui l'on a refusé un record de natation pour "tenue non conforme à la charia"), et ainsi encourager le changement social par le biais du sport féminin. Une bien belle initiative à laquelle vous pouvez participer juste ici.

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