L-r, Andrew Garfield, Joseph Mazzello, Jesse Eisenberg and Patrick Maple in Columbia Pictures’ « The Social Network. »

Vous voulez lutter contre les fake news ? Adressez vos doléances à l’UE

La Commission européenne vient de lancer une consultation publique en ligne, accessible jusqu’au 28 février prochain, afin d’orienter sa lutte contre les "fake news".

(© Columbia Pictures)

Marre de voir pulluler ces saloperies de "fake news" abracadabrantesques sur vos fils d’actualité, vos résultats de recherche, vos hyperliens et globalement à chaque tournant de votre navigation sur Internet ? Comment faites-vous pour discerner les sources fiables des sites douteux ? Quels critères choisissez-vous au moment de trier le bon grain de l’ivraie numérique ?

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Les garde-fous mis en place par les autorités européennes, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et les hébergeurs sont-ils efficaces ? Bonne nouvelle, l’Union européenne (UE) et ses autorités de régulation ont envie d’écouter vos doléances et vos recommandations pour éradiquer le cancer de l’Internet contemporain.

Comme le rapporte Numerama, la Commission européenne vient tout juste de lancer une consultation publique en ligne, qui durera jusqu’au 28 février 2018, avec l’objectif d'"évaluer les actions" des grands acteurs du Web, Google, Facebook et Twitter en tête. En clair, c’est l’heure du carnet de notes pour ces entreprises, qui ont juré leurs grands dieux qu’elles mettraient tout en œuvre pour lutter contre la désinformation, après avoir régulièrement été fustigées, à la fois par le grand public et par les instances européennes, pour leur négligence à modérer leurs contenus.

En demandant aux internautes de donner directement leur avis sur les "réformes" – les guillemets sont de rigueur — lancées par les multinationales du Web, Bruxelles souhaite voir clairement les systèmes qui ont fonctionné, "les appliquer à plus grande échelle" et "prendre de nouvelles mesures pour traiter différentes sortes de fausses nouvelles".

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Attribuer clairement les responsabilités

La plus haute autorité européenne vous propose donc deux questionnaires, l’un à l’attention des citoyens, l’autre réservé aux "personnes morales et aux journalistes" (on vous rassure, les deux questionnaires sont sensiblement les mêmes).

Au fil des questions, l’institution cherche à comprendre comment vous consommez de l’information à l’ère numérique, quels sont vos sujets préférés, quel est votre niveau d’exposition aux fake news, votre avis sur l’impact de cette désinformation sur la population européenne, vos critères de discernement entre information vérifiable et mensongère, le type de média en qui vous faites le plus confiance.

Dans une seconde partie, la Commission vous demande de déterminer à qui incombe la responsabilité de lutter contre la désinformation. Un questionnaire plutôt complet, qui démontre la volonté de l’UE de ratisser large pour explorer différentes pistes de réforme.

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De fait, Bruxelles vous pose carrément la question en fin d’enquête : à quelle échelle les autorités publiques – comprenez, le Parlement et la Commission de l’UE – devraient-elles envisager leurs réformes ? Localement, régionalement, mondialement ? À l’heure où des entités transnationales dirigent la plupart du trafic Internet et que les lois passées en Europe pour réguler leurs activités ricochent sur leur carapace, la question mérite effectivement d’être posée.

Enfin, gardez à l’esprit que cette consultation fait aussi figure de plébiscite : en fonction des réponses des citoyens, la Commission se sentira plus ou moins légitime pour impulser les réformes nécessaires à l’éradication des fake news. Et dans leur baston légale contre des entreprises multimilliardaires à l’influence mondiale, ce ne sera pas de trop. Alors prenez deux minutes, et donnez votre avis.

Par Thibault Prévost, publié le 14/11/2017

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