"Voter contre Trump, c'est trahir votre héritage", dixit l'ancien leader du Ku Klux Klan

David Duke, homme politique américain et nationaliste blanc, appelle à voter pour Donald Trump sous forme de bénévolat stratégique.

Donald Trump (Crédit)

Donald Trump (Michael Vadon/Flickr)

"Voter contre Donald Trump, c'est trahir votre héritage."

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Dans son émission de radio le 24 février, David Duke, homme politique américain et nationaliste blanc, exhorte les auditeurs à voter pour Donald Trump. Dans ce sens et comme le rapportent BuzzFeed et Slate, l'ancien représentant national du Ku Klux Klan dans les années 1970 encourage le bénévolat pour soutenir la campagne du milliardaire américain :

"Ils ont besoin de bénévoles. Allez-y, vous allez rencontrer des gens qui sont dans le même état d’esprit que vous."

Tout en affichant son soutien stratégique à l'égard du candidat républicain :

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"J'appuie sa candidature , et je soutiens que voter pour lui est une action stratégique. J'espère qu'il fera tout ce que nous espérons qu'il fasse."

Une stratégie qui appelle donc à respecter un héritage d'origines blanches en ne votant pas pour les principaux opposants de Donald Trump, à savoir Marco Rubio et Ted Cruz, tous deux candidats républicains d'origines cubaines.

La sortie de David Duke interpelle, heurte, fait peur, mais souligne un fait bien ancré dans la réalité : l'importante poussée des suprémacistes blancs derrière Donald Trump. Un soutien qui donne une certaine idée de ce qu'incarne l'ogre américain, derrière lequel s'engage un électorat important. Le tout porté par un vent anti-judaïsme, anti-islam, anti-immigration ou encore pro-esclavage.

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Les "racistes" en campagne

Les suprémacistes blancs mènent une campagne de l'ombre pour Trump, sans l'approbation (du moins officielle) de ce dernier. Parmi eux, un groupe s'inquiétait, au détour de messages téléphoniques enregistrés avant la tenue des primaires républicaines dans plusieurs États, du "génocide graduel de la race blanche". Et de clamer :

"La race blanche est en train de s’éteindre en Amérique et en Europe parce que nous avons peur d’être appelés 'racistes'."

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Des "racistes" qui font avant tout campagne contre les rivaux de Donald Trump, au teint un peu trop hâlé à leur goût :

"Ne votez pas pour un Cubain. Votez pour Donald Trump."

Fin de l'enregistrement audio, sur ce rappel implicite des nationalités cubaines des deux parents de Marco Rubio et du père de Ted Cruz.

Le suprémaciste blanc Duke et ses sept teints

En décembre 2015, David Duke analysait que la candidature de Trump avait permis la libération des pensées et propos racistes tenus par les Blancs, qu'il appelle les "Euro-Américains".

Retour sur les différents aspects de cette homme, en le visualisant sous la forme d'une poupée russe. Sa première façade présente de but en blanc le visage d'un homme politique, tout de même élu représentant à l'Assemblée de Louisiane en 1989, et qui, en 1991, a obtenu près de 39 % des voix dans sa convoitise du trône de gouverneur de l'État.

Sous cette première couche, la plus lisse, s'emboîtent plusieurs autres, d'une peinture profondément blanche. La deuxième d'entre elles est habillée d'un drap monochrome, voilant la figure de l'ancien grand assistant et représentant national du triple K. La troisième montre quant à elle le nationaliste blanc, promoteur de la white supremacy. La quatrième couche concerne celui qui, selon le Southern Poverty Law Center, "est un néo-nazi et un négationniste", note Slate. La cinquième nous renvoie en 1973 : sous l'étendard du KKK, David Duke militait  alors pour rétablir la ségrégation. Sixième niveau : lorsqu'il affirmait, plus récemment, que le gouvernement des Français blancs, en prônant le métissage, entraîne le génocide. La septième et dernière strate précise encore ses convictions :

"Un Noir décroche un emploi dans une entreprise qui appartient à des Blancs. Il est le seul Noir de cette entreprise. Il travaille dur, mais il mène un combat perdu d’avance contre ses gènes.

Nous voulons être laissés seuls. Nous ne voulons pas de 'nègres' autour. Nous n'avons pas besoin de 'nègres' autour. Nous n'en voulons pas, nous ne voulons pas les avoir, vous savez, pour notre culture."

Le profil a de quoi choquer, et son soutien à la candidature Trump encore plus.

Face à la terreur, la résistance

Dans un édito publié dans le dernier numéro des Inrocks, Pierre Siankowski fait part du combat de Danielle Allen, professeur en théorie politique à Harvard qui signait, dans le Washington Post du 21 février, une chronique engagée titrée : "Le moment de vérité : nous devons arrêter Trump."

Elle y invite, à travers une solution de recours considérable, tous les Américains, républicains comme démocrates, à empêcher le désastre Trump en votant pour le sénateur de Floride de 44 ans, Marco Rubio. Même si les idées de ce dernier sont loin d'être irréprochables, comme le rappellent Danielle Allen et Les Inrocks.

Ici, le plan anti-Donald se confronte à la stratégie pro-Trump, dans le reflet du miroir d'une Amérique divisée.

Par Rachid Majdoub, publié le 26/02/2016

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