Voici l’Autonom Cab, le premier taxi français 100 % électrique et sans chauffeur

Ce véhicule sans chauffeur sera commercialisé dès juillet 2018.

(© Navya)

"Vous avez devant les yeux le véhicule le plus sophistiqué au monde en termes de véhicule autonome", lâche Christophe Sapet, directeur général de Navya. Nous sommes à la Cité du cinéma de Luc Besson, en Seine-Saint-Denis, mais tout est réel. Deux voitures aux formes arrondies font une petite démonstration sur scène. Il n’y a pas eu d’accident. Ce sont les tout premiers robots-taxi français.

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Ce modèle hexagonal, qui sera commercialisé à partir de juillet prochain, porte en revanche un nom anglais : Autonom Cab. Vendu 250 000 euros, ce véhicule, qui peut accueillir d’une à six personnes, est électrique et bardé de capteurs (caméras, radars et antennes). Hors vernissage, il s’est déjà donné en spectacle dans les rues parisiennes – déclenchant au passage une certaine stupeur chez les promeneurs :

Résoudre les problèmes

"Nous sommes persuadés que d’ici dix ans, il faut que plus d’un citadin sur dix utilise un Autonom tous les jours", affirme Christophe Sapet, dont l’entreprise de 160 salariés est implantée dans la région lyonnaise. Dans cette phrase, il y a de l’ambition. Mais le "il faut" trahit également une préoccupation : les villes ne cessent de grossir. Cette croissance accentue les problèmes liés à la circulation (accidents, cancers, bouchons, etc.). Autant de problèmes auxquels la voiture autonome pourrait apporter des solutions, en plus de faciliter le quotidien des usagers.

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Pour revenir à nos robots, l’usage de l’Autonom Cab sera privé ou partagé et effectué depuis une appli. L’entreprise espère déployer ses véhicules dès avril 2018 – mais on ne sait pas où, ni sous quelles modalités, sachant que la législation française interdit pour le moment aux véhicules autonomes de circuler en zone ouverte. Le Waymo, la voiture autonome concurrente conçue par Google, effectue déjà des tests dans la zone de Phoenix, en Arizona.

L’appli permettant de les gouverner tous…

Ce taxi-robot n’est pas un coup d’essai pour Navya. Il y a trois ans, l’entreprise déployait ses premières navettes autonomes au sein du centre commercial Confluence, au cœur de Lyon. Depuis, les navettes ont été testées dans une cinquantaine de pays, presque toujours dans des zones fermées.

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Cool, mais…

Quand les voitures autonomes débarqueront en ville, la cybersécurité deviendra un enjeu crucial. Dès qu’une voiture est connectée, elle est exposée au piratage. En avril dernier, Mashable faisait un récapitulatif des attaques à distance déjà menées sur les véhicules "de demain". À ce jour, quatre grandes attaques ont été répertoriées. Dans Fast and Furious 8, le scénario du hacking était poussé à l’extrême et tournait à l’apocalypse :

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Dans un tout autre domaine, Navya a beaucoup insisté sur le fait que ses véhicules étaient propres car électriques. Certes, la pollution directe est largement diminuée : les émissions de CO2 et de particules dégradant la qualité de l’air chutent radicalement.

Cependant, Libération rappelle quatre points importants : la fabrication d’un véhicule électrique est encore très énergivore ; en France, l’électricité, surtout d’origine nucléaire, n’est pas "propre" ; l’abrasion des pneus et des routes ainsi que l’utilisation des freins sont sources d’émission de particules fines ; enfin, la filière des matériaux rares, pour la fabrication des batteries lithium, n’est pas sans conséquences sur l’environnement.

Par Pierre Schneidermann, publié le 13/11/2017

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