(c) Philipp Schmitt et Steffen Weiss

Voici quatre jolies chaises qui prouvent que les IA ne nous piqueront pas nos jobs

Dans le domaine artistique, les IA seront avant tout une source d’inspiration.

© Philipp Schmitt et Steffen Weiss

Régulièrement, les IA s’adonnent à des activités artistiques et paraissent annoncer la fin de l’espèce humaine. La semaine dernière, par exemple, la société de vente aux enchères Christie’s mettait en vente une série de peintures dessinées par des algorithmes. Musique et littérature font, elles aussi, régulièrement partie du terrain des expérimentations algorithmiques, amassant sur leur passage leur lot de strass et de paillettes.

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À cette ribambelle de prouesses, il faut désormais ajouter le design d’un objet iconique, la chaise. Relayé par Fast Company, "The Chair Project" a été mené par deux designers-bidouilleurs allemands, Philipp Schmitt et Steffen Weiss. Leur IA, un generative adversarial network (GAN) pour être précis — réseau antagoniste génératif en français —, très habile pour générer des formes, s’est nourrie de 562 chaises design du XXe siècle glanées sur Pinterest pour générer, à son tour, des centaines de modèles. Certaines ne ressemblaient vraiment à rien. Les designers ont retenu les quatre qui leur semblaient les plus probantes (mais pas les plus confortables).

Dans ce projet cependant, l’IA n’est absolument pas présentée comme une fin en soi. Comme on peut le voir sur les images, le résultat brut pondu par les algorithmes n’est pas du tout convaincant. S’ensuivent donc deux étapes : le "redesign" à la main, puis la modélisation 3D pour arriver à quelque chose qui, esthétiquement parlant, ressemble un peu plus à du Starck. Sans oublier la fabrication, si l’on veut joindre les actes à la parole (ici, les chaises ont été réalisées en 1/8e).

© Philipp Schmitt and Steffen Weiss

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© Philipp Schmitt and Steffen Weiss

Conclusion : l’IA va devenir, de plus en plus, une source d’inspiration valable. Les deux auteurs du projet y voient de la "co-créativité" et ne s’en effraient pas. Exactement comme pour les "contes algorithmiques" dont nous avions récemment parlé. À sa ronde de garde sur Pinterest, le designer de demain doublera sa dose d’inspiration de quelques expérimentations informatiques, et ça ne choquera personne, car le designer sera toujours là.

Par Pierre Schneidermann, publié le 30/08/2018

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