Le violeur de Stanford va être relâché pour bonne conduite, après trois mois de prison

Il y a près de trois mois, Brock Allen Turner, 21 ans, avait été jugé coupable de viol sur une jeune fille en état d'ivresse de 23 ans. 

(© Santa Clara's Sheriff Office)

Brock Turner, coupable d'un viol, devait faire six mois de prison. (© Santa Clara's Sheriff Office)

Brock Turner aura purgé la moitié de sa peine pour avoir brisé une vie. Surnommé le violeur de Stanford, l'une des université américaines les plus prestigieuses, le garçon de 21 ans sortira de prison le 2 septembre prochain pour "bonne conduite." Il n'y sera resté que trois mois, souligne le Washington Post, et profitera d'une liberté conditionnelle de trois ans.

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À son procès, qui s'est conclu en juin dernier, le juge s'était déjà montré très clément envers Brock Turner, le condamnant à seulement six mois d'emprisonnement, pour le viol d'une fille inconsciente, derrière une poubelle à proximité du campus de Stanford, en Californie, en janvier 2015.

L'affaire, aussi glauque soit-elle, est tristement banale. Comme toujours, la victime a été culpabilisée pour s'être retrouvée en état d'ébriété au moment des faits, une attitude apparemment imprudente quand on est une jeune femme.

Elle a assisté au procès de son agresseur avec force et courage, affrontant des déclarations difficiles à entendre de la part de la défense de l'accusé. Brock Turner assurait qu'elle avait "aimé ça", tandis que le père de l'accusé avait demandé au tribunal de ne pas punir son pauvre fiston trop sévèrement, pour seulement "vingt minutes d'action" malheureuses, comparées à vingt années de bon comportement.

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Miséricorde pour les violeurs !

Le juge, de son côté, craignait qu'une peine plus longue n'ait un "grave impact" sur le jeune homme, alors champion de natation et promis à une grande et belle carrière sportive de haut niveau. Il ne faudrait pas qu'un brillant étudiant de Stanford soit pénalisé pour un dérapage de fin de soirée. Sauf que ce "dérapage" est un crime, pouvant être sanctionné par quatorze ans d'enfermement aux États-Unis, dans le cas d'une peine maximale.

Au tribunal, la victime de 23 ans a fait un discours poignant, publié sur Buzzfeed, il y a trois mois de cela. Déjà à l'époque, elle s'était indignée de la mansuétude du verdict. À partir de vendredi prochain, elle va devoir se lever chaque matin avec l'idée que son agresseur, l'homme qui a détruit toute une partie de sa vie, poursuivra et réussira sûrement la sienne sans avoir payé entièrement les conséquences de ses actes.

Brock Turner est l'un des rares agresseurs sexuels à avoir été jugé et emprisonné pour son crime. Selon l'organisation américaine Rainn, qui lutte contre les violences sexuelles, 344 plaintes sont déposées pour 1 000 agressions sexuelles et seulement six violeurs sur 1 000 se retrouvent derrière les barreaux, au pays de l'Oncle Sam.

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Dans les universités américaines, le problème du viol et des violences sexuelles est particulièrement grave. Toujours d'après Rainn, les étudiantes américaines ont trois fois plus de chances de se faire violer ou agresser sexuellement entre leurs 18 et 24 ans qu'à tout autre moment de leur vie.

Par Juliette Geenens, publié le 31/08/2016

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