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Violences sexuelles : 100 femmes demandent un plan d’urgence à Emmanuel Macron

Après la vague de témoignages de femmes victimes de violences sexuelles qui a suivi l’affaire Weinstein et les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc, 100 personnalités féministes demandent au président français de passer à l’action.

À l’appel de militantes féministes, dont Caroline de Haas et la juriste Clara Gonzales, 100 Françaises ont signé une tribune ce 5 novembre dans Le Journal du Dimanche ainsi que sur le site 1 femme sur 2 : la réalisatrice Lisa Azuelos, les journalistes Lauren Bastide, Éloïse Bouton, Giulia Foïs et Nadia Daam, ou encore la comédienne Florence Foresti… Elles y rappellent qu’une femme sur deux a déjà été victime de violences sexuelles selon un sondage Odoxa, publié par le Figaro le 19 octobre dernier.

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53 % des femmes disent ainsi avoir été victimes soit d’agression sexuelle (36 %), soit de harcèlement sexuel en dehors de leur lieu de travail (38 %) ou au travail (17 %). Et "certaines sont plus particulièrement concernées parce qu’elles sont en situation de handicap, lesbiennes ou subissent le racisme", soulignent les signataires de la tribune.

"Vous avez le pouvoir de faire en sorte que ces violences sexuelles cessent"

Ces 100 féministes, qu’elles soient comédiennes, journalistes, artistes ou encore autrices, y déclarent avoir été, "comme tant d’autres, harcelées, agressées ou violées", et être les "témoins du silence vertigineux de notre société", "un insupportable déni collectif".

Expliquant que "la puissance publique" a réussi à faire changer les mentalités par le passé, notamment en matière de sécurité routière, elles demandent au président de désormais décréter "un plan d’action" :"Vous avez le pouvoir de faire en sorte que ces violences sexuelles cessent."

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Le plan d’attaque se décline en cinq propositions. Les signataires incitent à doubler les subventions et le nombre de places d’accueil pour les associations aidant les femmes victimes de violences, et demandent la mise en place, dès 2018, des formations systématiques et obligatoires de tous les professionnel·le·s en contact avec des femmes violentées. Elles proposent également, dès la rentrée prochaine, la création d’un brevet de non-violence au collège, sur le modèle de celui de la sécurité routière.

Quatrième proposition : rendre obligatoire "la formation des salarié·e·s et managers à la prévention du harcèlement sexuel au travail", tout en protégeant l’emploi des femmes victimes. Enfin, les signataires demandent le lancement d’une campagne nationale de prévention, que le président pourrait "venir présenter au JT d’une grande chaîne pour affirmer, en tant que chef de l’État, que les violences n’ont plus leur place dans notre pays".

Parallèlement à la publication de cette tribune, une pétition a également été lancée, dont les 100 femmes ont été les premières signataires. L’objectif de 75 000 signatures devrait être atteint très bientôt puisque ses initiatrices ont rapporté ce dimanche 4 novembre que plus de 50 000 personnes l’avaient signée en une journée. Une "mobilisation d’ampleur" soulignent-elles, avant de demander à Emmanuel Macron de les recevoir "pour travailler à la mise en place de ce plan d’urgence".

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Par Mélissa Perraudeau, publié le 06/11/2017

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