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Clip : le rappeur Vin’S remet en place les agresseurs sexuels dans un freestyle implacable

Le rappeur Vin’S se distingue avec un titre brut et engagé, #MeToo, dénonçant les violences faites aux femmes… et la responsabilité collective des hommes.

Deux semaines après la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et le titre puissant de la rappeuse Chilla, #BalanceTonPorc, le rappeur montpelliérain Vin’S a à son tour tenu à s’engager contre les violences faites aux femmes.

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Son morceau #MeToo fait brièvement allusion à son titre de 2014 FBitch et ses accents de slutshaming pour en rejeter le message et s’engager clairement contre toutes les idées reçues sexistes pouvant servir de justifications aux misogynes.

Comment "être une femme est un combat"

Dans un clip simple et brut faisant primer les paroles, le rappeur dénonce la culture du viol, véhiculée notamment par les contes de fées et le porno, et souligne comment les violences sexistes et sexuelles s’exercent à tous les niveaux, dans tous les milieux.

"Et ouais ça pique tous les milieux sont impliqués
Tout le monde même les hommes de loi donc t’attends pas à ce qu’ils les appliquent
Et ouais tu piges que le changement viendra pas d’nos politiques […]
Ça parle mal le sexisme est banal mais on l’dédramatise
Eh madame viens par ici une ambiance qui traumatise"

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Harcèlement sexuel au travail, inégalités salariales, violences et viols conjugaux… Vin’S explique à quel point "être une femme est un combat", soulignant la responsabilité collective des hommes nés et élevés dans cette société sexiste. Il dénonce ainsi un culte de la masculinité toxique, aux lourdes conséquences pour les femmes :

"Tu gonfles les pecs et les abdominaux
Tu vois les femmes comme des femelles car être un homme c’est être un mâle dominant
Puis on dira que c’est de sa faute si les hommes sont dans l’abus
Oui regarde un peu ses habits, normal qu’on l’agresse dans la rue
Étouffées par son étreinte, rares sont celles qui portent plainte
Au final au tribunal on dira qu’elle le voulait peut-être un peu
J’emmerde la justice c’est impossible qu’on s’entende
Elle qui considère qu’à 11 ans on peut être consentante
Il faut que son corps tombe à terre pour qu’on voit la gravité
C’est la victime qu’on interne les coupables sont acquittés
Acquittés, nous parle pas d’égalité ici on sait pas qui c’est
Ça fait un bail qu’elle nous a quittés"

"Sache qu’on est tous un peu coupable"

Le titre s’impose ainsi comme une façon explicite d’enjoindre les hommes à prendre leurs responsabilités, sans que le rappeur oublie de s’inclure : "si leur courage m’empêche de dire le mot victime, sache qu’on est tous un peu coupables", conclut-il.

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Trois jours après sa publication, le clip de #MeToo a été vu plus de 720 000 fois sur Facebook, où il comptabilise plus de 15 000 likes et partages. Pour cause : l’engagement du rappeur est largement salué dans les nombreux commentaires, où beaucoup de femmes le remercient pour cette prise de position féministe dont elles n’ont pas l’habitude dans le rap. L’une d’entre elles lui écrit par exemple :

"Juste merci Vin’S ! Ça fait plaisir d’entendre des textes comme celui-là. Merci d’être du côté des femmes. En cette période où la parole se libère, je trouve ça important pour les hommes de prendre position ! Surtout dans un milieu relativement machiste comme le rap ! Merci, tu déchires ! Continue comme ça !"

Par Mélissa Perraudeau, publié le 08/12/2017

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