Une ville du Royaume-Uni interdit les gros mots dans les lieux publics

Le conseil d’une ville située dans la banlieue de Manchester vient de bannir les insultes dans l’espace public. Les passants grossiers risquent une amende de 77 euros. 

Les habitants de Manchester ont dépassé les bornes de la politesse, semble-t-il. Un des districts de la ville de Liam Gallagher, Mark E. Smith et Shaun Ryder a banni les gros mots dans les lieux publics. Sans surprise, c’est dans le quartier plutôt posh (huppé, en argot, chez les Brits) et fraîchement rénové de Salford Quays.

L’objectif est de forcer les résidents et les passants à se comporter en ladies et en gentlemen afin de lutter contre les "comportements antisociaux" dans cette zone. Le conseil de la cité de Salford, qui fait partie du Grand Manchester, a donc apparemment interdit les "fuck" et les "bloody cunt" dans le cadre de son mandat de protection des espaces publics (Public Space Protection Order) selon ITV News.

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Surveillez votre langage. (© Universal Studios)

Les fans de football du stade Old Trafford et les "casse-cous" qui auraient jeté des poubelles dans la rivière sont les cibles principales de cette mesure. L’augmentation des nuisances irrite les riverains qui se sont plaint de la dégradation de leur environnement.

C’est donc désormais une infraction pénale d’utiliser un "langage grossier et violent" dans cette zone. Tout comme il est maintenant interdit de sauter dans l’eau, se suspendre aux ponts, jeter des objets sur les gens et pisser ou faire la grosse commission dans la rue.

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Tout hors-la-loi devra payer une amende de 77 euros. Si elle n’est pas versée dans les 10 jours, elle s’élèvera à 116 euros, et la peine maximale est de 1 293 euros, bordel !

Cette nouvelle mesure risque de poser quelques problèmes : le mandat de protection ne spécifie pas quels mots sont considérés comme des insultes, donc c’est à chacun de deviner quel mot il peut dire ou ne pas dire.

Et puis, on ne touche pas à la liberté d’expression des habitants du Nord de l’Angleterre sans heurts. Si 94 % des résidents du quartier approuvent cette interdiction, certains dénoncent une mesure qui risque de "violer la liberté d’expression". C’est la position de l'organisation de défense des droits de l’homme, Liberty. En réponse à cette critique, un porte-parole du conseil a déclaré :

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"Je comprends bien que Liberty veuille se faire de la pub avec cette campagne mais le conseil de la cité de Salford ne va pas s’excuser d'utiliser une législation nationale afin d’aider les résidents de Salford qui ont une vie de misère à cause de ces comportements antisociaux."

Bordel de merde.

Traduit de l'anglais par Hélaine Lefrançois

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Par Lydia Morrish, publié le 03/03/2016

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