AccueilÉDITO

Une ville anglaise va proposer des tests aux clubbers pour vérifier la composition de la drogue

Publié le

par Louis Josse

Le Loup de Wall Street © Paramount Pictures

L'Angleterre, et plus particulièrement la ville de Preston, tentent de réagir face à une recrudescence des décès dus à des drogues altérées ou trop fortes. Une initiative soutenue par la police locale. 

Le Loup de Wall Street. (© Paramount Pictures)

Comme le rappelle le quotidien britannique The Independent, le nombre de morts liées à la drogue n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui depuis 1993, date qui marque les premiers relevés statistiques en la matière. En 2014, on dénombrait ainsi 2 248 décès en Angleterre et au Pays de Galles du fait d'une mauvaise ou une surutilisation de substances illégales. Un véritable casse-tête pour des autorités qui semblent impuissantes face au phénomène.

En collaboration avec la police locale, qui s'est dite favorable à l'initiative, la ville de Preston (nord de l'Angleterre) réfléchit à la possibilité de proposer à terme des tests gratuits, notamment destinés aux personnes fréquentant les boîtes de nuit. Ces analyses chimiques, encadrées par l'association de prévention The Loop, se tiendraient dès début 2017 dans des édifices éphémères du centre ville chaque vendredi et samedi soir, et permettraient de savoir si la drogue testée (cocaïne et MDMA notamment) est encore plus dangereuse que d'ordinaire. "C'est un service encore nouveau et certaines personnes pourraient le juger radical, mais notre objectif est de se concentrer sur la réduction des risques", confiait ainsi Fiona Measham, co-directrice de l'association et professeure en criminologie.

"Merci à tous ceux ayant soutenu The Loop dans l'introduction des tests de drogue au Royaume-Uni cet été, et rendu possible MAST (Multi Agency Safety Testing)."

L'idée n'est pourtant pas si neuve que ça : développée à Amsterdam par le Néerlandais August de Loor, on retrouvait dès 1975 une clinique testant la composition des drogues pour quiconque le désirait. La consommation de drogues étant un fait, August De Loor avait alors misé sur la prévention et la réduction des risques (détection de faux, distribution de seringues stérilisées, etc.). Non sans opposants, la clinique s'est pourtant avérée d'utilité publique face à la "popularisation" de drogues dures, de l'ecstasy à l'héroïne. Depuis, ces analyses chimiques sont de plus en plus courantes lors de festivals, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni dernièrement.

Reste donc à savoir les conditions exactes et le déroulement de ces tests gratuits, qui sont encore à l'état de projet. The Independant avance ainsi un anonymat garanti et l'absence de poursuites pour les individus se rendant sur les stands en question.

À lire -> Le festival Secret Garden Party a testé la drogue de ses spectateurs

À voir aussi sur konbini :