Vidéo : enquête sur la typo Wingdings, "ancêtre de l'emoji"

Dans une courte vidéo, le site Vox se penche sur la genèse et la fonction de l'énigmatique police de caractères Wingdings, composée exclusivement de symboles.

Combien de fois vous êtes-vous demandé à quoi pouvait bien servir la typo Wingdings, exilée tout en bas de la liste de polices de caractères exotiques de votre traitement de texte ? Existe-t-il des sociétés secrètes dont les membres communiqueraient exclusivement entre eux grâce à ces symboles hiéroglyphiques ridicules qui renvoient immédiatement à la préhistoire informatique et les blagues de bureau du précédent millénaire (Roger, arrête d'envoyer tes fax en Wingdings, t'es con....) ?

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Ont-ils une utilité quelconque ou ne sont-ils qu'un vaste coup de trolling orchestré par les nerds haut placés de chez Microsoft, tout contents de voir encore aujourd'hui apparaître leur énigmatique langage dans les logiciels bureautiques ? Vox, à bout de nerfs, a mené l'enquête sur ce sujet brûlant, quelques semaines après avoir résolu l'énigme des portes qui ne s'ouvrent jamais dans le bon sens.

De Gutenberg à nos jours

Soyons clairs, explique Vox, le Wingdings n'a jamais été conçu pour être écrit. Non, le Wingdings est en fait le descendant du Dingbat, le nom générique des petits symboles ornementaux  utilisés à l'époque de Gutenberg pour pimper les pages de bouquins et permettre aux éditeurs un peu déglingos d'exprimer leur folle créativité. Quelques siècles plus tard, à l'heure des premiers e-mails, Microsoft embauche les légendaires typographe Charles Bigelow et Kris Holmes (notamment à l'origine des fameux caractères Lucida), pour imaginer la police Wingdings (contraction de "Windows" et"dingbat") qui prendra place dans le pack des 11 polices Web de base  pour donner un peu de folie aux premiers sites Internet.

Les Wingdings servaient alors d'illustrations car les photos, même de très basse qualité, étaient à peine supportées par les disques durs et les processeurs d'antan. Hors de question, donc, de les inclure dans un site Internet ou un e-mail, qui auraient mis des heures (oui, des heures) à s'afficher. Pour rigoler, ou pour simplifier sa pensée, on s'envoyait des Wingdings : une boîte aux lettres par-ci, un œil par là, c'était l'éclate.

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À ce point de vue, les Wingdgings sont donc les emojis des années 1990, le côté complotiste en plus. Ne jugez pas. On faisait avec ce qu'on avait, à l'époque. Maintenant, la prochaine fois que vous verrez apparaître ces improbables suites de symboles, tachez de vous souvenir que vous avez sous les yeux un survivant de ce qu'était Internet à ses débuts : un outil très lent, très basique, et totalement incompréhensible pour la majorité des gens.

Par Thibault Prévost, publié le 18/03/2016

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