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Vidéo : quand Trump fait huer ses adversaires politiques par… des scouts

Publié le

par Théo Mercadier

La (très) jeune foule n’était pas vraiment là pour ça, mais le président des États-Unis lui a servi une bonne grosse dose de trumpisme.

"Les Boy Scouts d’Amérique sont entièrement non-partisans et ne font la promotion d’aucune position politique, produit, service, candidat politique ou philosophie" : voici ce que l’organisation a été tenue de déclarer après un discours polémique de Donald Trump lors du dernier "jamboree" de l’organisation, qui a eu lieu le 24 juillet en Virginie-Occidentale.

Ceux d’entre vous qui ont fait les scouts doivent savoir (de près ou de loin) ce qu’est un jamboree. Pour les autres, c’est un grand rassemblement au cours duquel une pléthore d’organisations scoute se réunissent entre scouts pour échanger sur le scoutisme. Aux États-Unis, c’était le week-end dernier, et des milliers de jeunes Américains entre 12 et 18 ans ont entonné des chants, fait cuire des chamallows… et écouté un bon gros discours de Trump. Le discours du président honoraire des Boy Scouts d’Amérique commençait pourtant bien : "Ce soir, nous mettons de côté les guéguerres politiques de Washington DC […], franchement, qui veut entendre parler de politique ?" Et là, ça dérape.

"Obama est-il déjà venu à un jamboree ?", demande le président d’un ton faussement innocent. Effet immédiat : les huées contre l’ancien président montent de la foule d’ados qui étaient pourtant là pour célébrer les valeurs du scoutisme – respect, tolérance, solidarité, etc. Tout le programme de Trump, quoi.

Fake medias

Le républicain ne s’est pas non plus gêné pour taper sur l’Obamacare, ce vaste système de couverture santé qu’il s’est juré de mettre en pièces. Alors que la réforme est actuellement en difficulté au Congrès américain, Trump a mis la pression sur son ministre de la Santé, Tom Price, ancien scout, qui se trouvait justement à côté de lui : "J’espère qu’il va réussir à obtenir les votes pour commencer à tuer cette horrible chose qu’est l’Obamacare. Et il a intérêt, sinon je lui dirai : Tom, j’te vire !". Rappelez-vous : respect, tolérance, solidarité…

Pas fâché de faire son petit effet sur le vaste et jeune auditoire ("We love Trump, we love Trump !") Donald a continué à charger ses opposants. La presse, par exemple. Oups, pardon, les "fake media" : "Wahou, il y a du monde ici. La presse dira que vous êtes 200, mais ça ressemble plutôt à 45 000", a-t-il balancé en faisant une référence pas vraiment subtile à la controverse de janvier à propos des rangs clairsemés de la foule venue assister à son investiture. Trump a aussi appris aux scouts que sous sa présidence les gens diraient plus souvent "Joyeux Noël" (oui, les salutations de fin d’année sont un vrai sujet de débat aux États-Unis : ne dites pas "Happy Hollidays" à un conservateur).

Car si les mots prononcés par le président ont choqué pas mal de parents, on peut en dire autant de l’ordre dans lequel ils sont prononcés. The Guardian évoque ainsi un discours étrange et décousu. Exemple : "Oh, vous êtes des Boy Scouts, mais vous connaissez la vie. Vous connaissez la vie. Donc… regardez-moi ça". Quoi ?

Le journal britannique relaie également les plaintes exprimées par les parents des scouts présents. "En tant qu’ancienne cheffe scoute et mère de deux scouts, je suis sidérée. Rendez mes fils et moi-même fiers de faire partie des Boy Scouts au lieu de leur faire honte !", écrit l’un d’entre eux.

La prochaine fois, peut-être.

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