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Vidéo : Nicole Ferroni ressort les crocs et dévore Emmanuel Macron

Publié le

par Rachid Majdoub

(capture d’écran de la vidéo)

Juste avant que la directive européenne sur la protection du secret des affaires ne soit définitivement adoptée par le Conseil des ministres de l'Union européenne, Nicole Ferroni met (une nouvelle fois) le doigt là où ça fait mal.

(capture d'écran de la vidéo)

Le projet de directive européenne sur la protection du secret des affaires avait fait rugir Nicole Ferroni le 14 avril dernier, avant d'être, comme attendu, adopté (à une écrasante majorité) par le Parlement européen le même jour. La vidéo coup de gueule de la chroniqueuse de France Inter avait alors été vue plus de 13 millions de fois.

Ce jeudi 26 mai, quelques minutes avant que la directive ne soit définitivement adoptée par le Conseil de l'Union européenne, Nicole Ferroni a une nouvelle fois montré les crocs. Et, comme lors de sa première sortie, elle ne loupe pas sa proie.

Le secret des affaires est un sujet épineux et technique, mais fondamental car il pose la question, notamment, de la protection des lanceurs d’alertes et des journalistes d’investigation : on vous expliquait tout juste ici.

Nicole Ferroni a raison d'être vénère, et le montre à sa façon. Dans cette deuxième vidéo, publiée aujourd'hui à 13 heures sur sa page Facebook et déjà visionnée plus de 800 000 fois, la comédienne épingle Emmanuel Macron et, à travers lui, le Conseil des ministres de l'Union européenne, une heure avant qu'il n'adopte définitivement la directive... par consensus, ce qu'elle ne manque pas de relever. Et toujours à travers le même procédé : une vidéo courte, teintée d'humour et incisive, qu'elle réalise elle-même posée dans un coin de verdure.

Con-sen-sus pour un texte discrètement modifié, et chipolata

Captures d'écran à l'appui (à retrouver dans les commentaires de la publication Facebook de la vidéo ci-dessous), Nicole Ferroni grille le changement de texte qui se voulait discret et qui détériore la sécurité déjà ébranlée des lanceurs d'alertes.

"La dernière fois, quand j’ai dit 'oui, la directive secret d’affaires c’est tout pourri', des gens m’ont dit 'mais non, Nicole, l’article 5 protège les lanceurs d’alertes s’ils révèlent des comportements inappropriés...' Et là, j’ai rigolé, parce qu'allez voir ce que vous allez voter comme texte là, à 14 heures. Et bah le terme 'comportements inappropriés', bah : il n'y est plus ! Maintenant, c’est 'faute professionnelle'. Alors je me dis : déjà qu’Antoine Deltour, le lanceur d’alertes, a dû faire un 'deltour' par la prison quand il y avait 'comportements inappropriés', alors maintenant que c’est 'faute professionnelle', là il ne va plus faire un détour, il va aller... directement dedans."

Elle remet alors sur la table le statut menacé des lanceurs d'alertes tels que le Français Antoine Deltour, ancien auditeur du cabinet PricewaterhouseCoopers jugé à partir d'avril dernier pour avoir divulgué des documents prouvant une évasion fiscale de multinationales établies au Luxembourg. Ce qui lui est reproché : vol domestique,violation de secret professionnel, et divulgation du secret des affaires. Il encourt, au même titre qu'Edouard Perrin, journaliste de Cash Investigation, et Raphaël Halet, un autre employé de PwC, une peine de dix ans d'emprisonnement.

"Ohhh mon dieu ça a commencé ! Oui, bonjour monsieur Emmanuel Macron, je me présente, je suis toujours Nicole Ferroni, je suis toujours citoyenne européenne. Et aujourd’hui, je me permets cette petite chronique en pyjama. Bon, alors qu’il est midi, vous allez me dire 'mais Nicole, allez vous doucher', mais non j’ai pas eu le temps parce que je me suis intéressée, encore aujourd’hui, à la directive secret d’affaires que vous allez adopter non pas au Parlement européen (!) mais par le Conseil des ministres européens : et comme vous êtes ministre, c’est vous qui vous en chargez.

Alors, pourquoi cette petite chronique ? Parce que tout simplement, la dernière fois, quand j’ai dit 'oui, la directive secret d’affaires c’est tout pourri', des gens m’ont dit 'mais non, Nicole, l’article 5 protège les lanceurs d’alertes s’ils révèlent des comportements inappropriés...' Et là alors, j’ai rigolé, parce que allez voir ce que vous allez voter comme texte là, à 14h hein. Et bah le terme 'comportements inappropriés', bah : il y est plus ! oh il y est plus, oh bah non... Maintenant c’est 'faute professionnelle'. Alors je me dis oh là là, déjà qu’Antoine Deltour, le lanceur d’alertes, a dû faire un 'deltour' par la prison quand il y avait 'comportements inappropriés', alors maintenant que c’est 'faute professionnelle', là il ne va plus faire un détour, il va aller... directement dedans.

Donc voilà, je voulais vous remercier déjà de cette petite chipolata, c'est une bonne petite chipolata, mignon, c’est pour nous les citoyens. Et puis du coup, je me suis dit 'mais au pire c’est pas grave, peut être que Macron va s’y opposer, je vais donc aller voir le résultat de ce vote à 14 heures'. Mais sauf qu'en fait non, il n’y a pas de vote, c’est adopté par consensus.

Alors le consensus, qu’est-ce que c’est ? Eh bien vous voyez, c’est un petit peu comme quand il y a des rugbymen au début là, vous savez, qui font une stratégie et qui font : 'Eh les gars, les gars, qu’est ce qu’on fait au niveau du match ? Bah vous, c’est pareil, vous faites : 'Eh les ministres, qu’est ce qu’on fait au niveau de la directive secret d’affaires, on met une chipolata ou on leur met pas une chipolata... oh on leur met une chipolata : alors oui, c’est bon, on a beaucoup beaucoup débattu, ça a été très difficile, et puis finalement, on est arrivé... à un consensus.' Aaah le con-sen-sus, c’est nous pour l’instant. C’est nous, sans... sans sus et sans espoir j’ai presque envie de dire.

Donc écoutez, bon, en attendant, les deux petites chipolatas, ça va aller, on va s’arrêter là. Je vais juste peut être essayer, vite, in extremis, d'appeler Pierre Moscovici le commissaire européen pour qu'il fasse quelque chose pour les lanceurs d'alertes et pour nous les citoyens. Et puis je finirais cette chronique par une petite métaphore : attention, monsieur Macron, à force de tirer sur la corde, on va finir par ne plus avoir envie de vous voir !"

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