@https://www.youtube.com/watch?v=Hgt0Buj8S2I&feature=youtu.be

Vidéo : les violences faites aux femmes viennent le plus souvent de leurs connaissances

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, qui a lieu le 25 novembre, le clip "À l’intérieur" rappelle l’ampleur des violences conjugales et encourage les victimes à appeler le 3919.

Il fait noir et une femme rentre chez elle, la peur au ventre. Les transports, les rues mal éclairées, les voitures garées sur le bas-côté, la clé qu’elle laisse échapper juste devant la porte de sa maison : son trajet est empreint de terreur panique. Alors quand elle se retrouve enfin chez elle, elle s’assure qu’elle est bien protégée de l’extérieur, que personne ne peut l’atteindre.

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Elle verrouille la porte, ferme fenêtres et volets, et s’assied pour souffler. Mais c’est à ce moment-là que le danger se manifeste : un homme derrière elle, vraisemblablement son compagnon, lui dit qu’ils ont un dîner de prévu chez des amis et lui ordonne de ne pas s’habiller "comme une pute". La terreur submerge la femme, tandis que s’affiche le message "quand l’ennemi est à l’intérieur, l’aide ne peut venir que de l’extérieur".

Ce nouveau clip de promotion du 3919, le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés, a été publié à l’occasion du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Conçu par l’agence Blake Paris (qui est derrière d’autres clips pour la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), réalisé par Hervé Plumet et produit par Stink, "À l’intérieur" met l’accent sur la nature de la majorité des violences dont les femmes sont victimes.

95 % des appels ont pour motif les violences conjugales

Comme la sociologue Véronique Le Goaziou l’expliquait sur le plateau de France 3 courant septembre, le viol est en grande partie commis "dans un cercle d’interconnaissances" : 90 % des victimes connaissent leur agresseur d’après le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

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De fait, 95 % des appels passés au 3919 en 2016 avaient pour motif les violences conjugales, y compris le viol conjugal. L’auteur des violences était le partenaire régulier de la victime dans 80 % des situations. Et les victimes et agresseurs étaient de tous les milieux, et de toutes les tranches d’âge. Contrairement à certaines idées reçues, 54 % des victimes avaient entre 20 et 39 ans, et 11 % avaient entre 18 et 25 ans.

Ces violences peuvent avoir des issues dramatiques, comme le montrait en septembre le bilan du ministère de l’Intérieur concernant les meurtres conjugaux commis en 2016. En moyenne, une femme a été tuée tous les trois jours. Ce nombre, relativement "stable" par rapport aux chiffres de 2015 (122 femmes avaient été assassinées cette année-là), prouve que les mentalités ne semblent pas évoluer.

Le 3919 et les conséquences de l’affaire Weinstein

Du moins jusqu’à l’affaire Weinstein, révélée début octobre. Le numéro géré par la FNSF a connu une hausse des appels de 27 % ce mois-là, comme le Huffington Post le rapporte. La directrice générale de l’association, Françoise Brié, a expliqué à l’AFP que "c’est le mois où le plus d’appels sont arrivés sur la plateforme", et qu’il y avait eu une hausse significative des appels "liés à des violences sexuelles en dehors du couple et violences sexuelles au travail". Le 3919 a ainsi comptabilisé "5 717 appels en octobre contre 4 510 en septembre".

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Pour Françoise Brié, cette hausse est aussi due au fait que le numéro a été médiatisé dans le cadre des révélations des affaires de harcèlement et violences sexuelles, alors qu’il n’y avait pas eu de grande campagne de communication en 2016 – année où le nombre d’appels était en baisse.

La plateforme a toutefois manqué de moyens pour traiter tous les appels d’octobre, et n’a pas les ressources financières nécessaires pour augmenter le nombre de salarié·e·s. La diffusion du clip "À l’intérieur" est donc accompagnée d’un appel aux dons.

À ce jour, l’équipe dédiée à l’écoute des femmes victimes de violences, quel qu’en soit le type (violences conjugales, violences sexuelles, mariages forcés, mutilations sexuelles féminines, violences au travail…) est composée de 28 personnes. Ce sont des psychologues, assistantes sociales, éducatrices spécialisées, qui écoutent, informent et orientent les victimes vers les dispositifs locaux d’accompagnement et de prise en charge.

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Le numéro national anonyme et gratuit du 3919 est accessible sept jours sur sept, de 9 heures à 22 heures du lundi au vendredi et de 9 heures à 18 heures le week-end et les jours fériés.

À lire -> "On reste parce qu’on a envie d’y croire" : le témoignage de Carole, victime de violences conjugales

Par Mélissa Perraudeau, publié le 23/11/2017

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