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Vidéo : l’envolée lyrique de Jean Lassalle que Jaurès et Hugo n’auraient pas reniée

Publié le

par Théo Mercadier

Filmée par LCP le 28 juillet, cette séquence monte en puissance à mesure que le député égrène les mots.

Il nous avait manqué, Jean ! Celui qui a été réélu à la tête de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques est bien décidé à faire entendre sa voix dans l’hémicycle. Le 28 juillet, c’est contre l’organisation des débats à l’Assemblée que Jean Lassalle a poussé un coup de gueule. L’occasion pour lui de remettre sur le devant de la scène son style si particulier et de dévoiler son analyse de la société française.

Après avoir ironisé sur Emmanuel Macron et le prétendu "souffle d’espoir" que son élection en mai dernier aurait généré, le député béarnais a distribué les coups :

"Emmanuel Macron s’est arrêté au milieu du gué. Monsieur le président a certes fait exploser le Parti socialiste et Les Républicains et un peu les centristes, mais après plus rien… Nous sommes en train de baratiner sur des articles secondaires."

En ligne de mire, les multiples volets du projet de loi sur la moralisation de la vie publique. Aussi tentaculaire qu’important, le texte impose à l’Assemblée de débattre du moindre détail, parfois dans la pagaille la plus totale, au détriment de sujets plus fondamentaux, croit savoir Jean Lassalle. L’occasion pour le député de mettre un peu de perspective historique dans ce qui ressemble de plus en plus à de la tambouille législative :

"Nous sommes en train de baratiner sur des articles secondaires. Est-ce que quelqu’un a demandé à Staline combien de temps il avait siégé ? Est-ce que quelqu'un a demandé si de Gaulle avait l’âge requis ou pas pour prendre le pouvoir ? Est-ce qu’on avait demandé à M. Churchill… Enfin bref !"

Sourires authentiquement amusés des députés présents dans l’hémicycle. En forme, Jean Lassalle continue alors sur sa lancée. Toujours sur le ton de l’ironie, il s’en prend au pouvoir de l’argent sur notre société :

"La France est un grand pays qui est dans une situation tellement enviable, tellement prospère avec ses dix millions de pauvres, ses dix millions de chômeurs, que nous pouvons nous permettre de nous lancer dans des harangues magnifiques, alors que nous n’avons pas été fichus, M. le président de savoir où commençait le pouvoir de l’argent, celui qui corrompt tout."

De quoi tirer une salve d’applaudissements aux députés de La France insoumise, visiblement touchés par ce discours que les figures historiques de la gauche française n’auraient pas renié.

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