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Vidéo : les jeunes de banlieue en ont marre des préjugés et des amalgames

Publié le

par Rachid Majdoub

Ils habitent Grigny, Saint-Denis ou Créteil, et sont reporters citoyens. Jeunes de banlieue parisienne, ils s'unissent aujourd'hui dans une tribune vidéo pour dire stop aux préjugés.

Après les attentats qui ont touché Paris entre le 7 et le 9 janvier, la peur de la stigmatisation et des amalgames habite de nombreux Français. Des jeunes de banlieue parisienne élèvent aujourd'hui leur voix pour dire stop aux préjugés et aux amalgames entre citoyen français, et terroriste.

Intitulé "À Grigny, la ville de Coulibaly, la théorie du complot va bon train", un article du Figaro datant du 15 janvier a interpellé des jeunes Grignois et d'autres habitants de banlieues parisiennes, qui ont tenu à réagir. Provenant de Grigny (91), Viry-Châtillon (91), Créteil (94), Saint-Denis et Île Saint-Denis (93), âgés de 18 à 30 ans, ils représentent l'association Reporter Citoyen – un projet qui propose "aux jeunes des quartiers populaires une formation gratuite au journalisme multimédia sur une période de trois ans." Aujourd'hui, leurs voix ne font qu'une pour s'élever contre les préjugés et les amalgames.

Les Grignois ne sont pas Coulibaly

Amedy Coulibaly, qui a ôté la vie à quatre personnes dans la prise d'otages de l'Hyper Casher situé Porte de Vincennes le 9 janvier, et tué une policière à Montrouge deux jours auparavant, vivait dans le quartier de la Grande Borne à Grigny. Les frères Kouachi, qui ont assassiné douze personnes lors de leur attaque à Charlie Hebdo le 7 janvier, habitaient dans une cité du 19ème arrondissement de Paris.

Tous trois ont grandi dans des quartiers populaires. Tout comme des centaines de familles, des milliers d'enfants, d'adolescents, et d'adultes. Tout comme des dizaines de milliers de citoyens français. Et ce n'est pas pour autant que ces personnes, étudiants, travailleurs, retraités, doivent être assimilées à ces terroristes.

Grigny, ville de l'Essonne où a vécu Coulibaly, attire aujourd'hui l'attention. Que ce soit celle de la police, de l'État ou de médias qui peuvent pour certains facilement tout mélanger, et nuire à l'image d'une ville en donnant de l'importance au radicalisme, à l'extrémisme, à la folie... qui ne représentent en rien les quartiers français.