Vidéo : un collectif de parkour palestinien répond à Banksy dans les rues de Gaza

De jeunes Palestiniens adeptes du Parkour répondent à Banksy en proposant, dans une vidéo réalisée par The Guardian, une visite guidée de leur ville.  

Deux jeunes du collectif Gaza Parkour devant une fresque réalisée par Banksy. (Capture d'écran vidéo de The Guardian)

Deux jeunes du collectif Gaza Parkour devant une fresque réalisée par Banksy. (Capture d'écran vidéo de The Guardian)

Un chaton blanc, nœud rose autour du cou, qui s'amuse avec une pelote de ferraille rouillée, un mirador que les enfants ont converti en carrousel ou encore un homme qui se tient la tête dans la main, telle une statue de l'Antiquité... Il y a quelques semaines, Banksy faisait à nouveau parler de lui en réalisant plusieurs fresques à Gaza. En les accompagnant d'une vidéo sarcastique, le street artist souhaitait ainsi attirer l'attention sur la situation et les conditions de vie des civils après les ravages de cet été, qui ont endommagé des milliers d'habitations et tué près de 2200 Palestiniens.

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"Cette année, découvrez une nouvelle destination", déclarait alors la vidéo intitulée "Make this the Year YOU Discover a New Destination", parodie d'un message promotionnel touristique.

Bienvenue à Gaza. Bien à l'écart des sentiers touristiques conventionnels. On y accède par un réseau de tunnels illégaux. Les locaux aiment tellement l'endroit qu'ils ne le quittent jamais.

Profitant de la reconnaissance mondiale de l'artiste et du tapage autour de ses nouvelles œuvres, des jeunes Gazaouis ont décidé à leur tour de faire découvrir leur ville dans une vidéo réalisée par The Guardian.

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"Nous avons beaucoup de temps pour vous faire découvrir les environs"

Sur un morceau de l’artiste britannique d'origine palestinienne Shadia Mansou, plusieurs jeunes déambulent, virevoltent, enchaînent sauts périlleux et autres acrobaties au milieu des ruines et immeubles ravagés, devenus leur nouveau terrain de jeu. Ils se réunissent sous le nom de Gaza Parkour – en référence à la discipline née en France – et propose des tours guidés de leur ville, puisque "près de 50% d'entre nous sont sans emploi, nous avons donc beaucoup de temps pour vous faire découvrir les environs".

Toute aussi ironique que celle de Banksy, la vidéo de ces jeunes, surnommés depuis 2005 les Palestiniens volants, compte bien rappeler les conditions de vie difficiles qu'ils endurent, avec toujours une pointe de sarcasme. "Je suis sûr que nous pouvons vous trouver un endroit pour dormir, même si près de 12 000 personnes à Gaza n’ont pas de maison", poursuit Abdallah Al-Qassab, un des jeunes du groupe, avant de rappeler que sans matériel, il leur est impossible de reconstruire.

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Nous pouvons vous offrir du pain et de l'eau, mais l'eau n'est pas potable et une bouteille d'eau coûte trop cher.

Malgré l'électricité qui va et vient, ces voisins qui "nous observent", le manque d'habitation et de nourriture, ces jeunes sont "heureux de partager avec vous". "Nous voulons faire de nombreuses choses et nous rêvons beaucoup. Même si ça se passe comme ça à Gaza, notre mental est très fort. Donc venez, et faites de Gaza votre destination", lancent à nouveau les jeunes Palestiniens avant de refaire du Parkour sur une plage, des bombardements visibles à l'horizon.

Par Anaïs Chatellier, publié le 12/03/2015