AccueilÉDITO

Vidéo : des enfants lisent des tweets insultants dans un spot anti-harcèlement

Publié le

par Constance Bloch

Ça commence par des rires, et fini par des larmes : une association canadienne contre le cyber-harcèlement fait lire des tweets méchants à des enfants dans une vidéo coup de poing.

C'est l'une des rubriques les plus populaires du programme de télévision américain Jimmy Kimmel Live!. Dans "Celebrities Read Mean Tweets", des stars lisent, face caméra et à voix haute, des tweets que des internautes leur ont destiné. Barack Obama, Gwyneth Paltrow, Gerard Butler, Britney Spears... ils sont nombreux à avoir défilé dans la capsule de l'émission d'ABC. Le résultat est très drôle, car confrontés à des commentaires acerbes - voire carrément haineux – les célébrités sont souvent hilares.

Ainsi, en reprenant le principe du programme télévisé, l'association contre le cyber-harcèlement Canadian Safe School Network a fait un spot de prévention mettant en scène des enfants. Mais que se passe-t-il donc lorsque les personnalités sont remplacées par des jeunes ? Les rires laissent peu à peu place à la gène, et à l'effroi.

"C'est raciste de dire que j'aime pas les noirs, car je déteste Ciara ?"

Si des adultes - dont la carrière est un succès - sont bien évidemment capables de rire et de prendre du recul vis-à-vis de ces attaques, des enfants qui sont à un âge de construction identitaire ne le peuvent pas. Dans la vidéo "Kids read mean tweets", on voit des jeunes lire à voix haute des attaques sur leur physique, leur couleur de peau, leur famille ou encore leur orientation sexuelle.

"La voix d'Allan est si horrible que je préfèrerais être sourd", "C'est raciste de dire que j'aime pas les noirs, car je déteste Ciara ?" ou encore"Ethan, tes parents sont-ils frère et soeur ? Car t'as l'air attardé". Des attaques parfois très violentes et répétées qui peuvent finir dramatiquement.

Selon le site Agir contre le harcèlement à l’école du Ministère de l’Éducation, 40% des élèves disent avoir été victimes d’une agression ou méchanceté en ligne, et le harcèlement scolaire toucherait 10% d’élèves, soit 1 200 000 personnes, dont 61% d’entre eux auraient des pensées suicidaires. Des chiffres qui font froid dans le dos et montrent la nécessité des campagnes de prévention. L’association a lancé un appel aux dons via la plateforme Indiegogo afin de récolter l'argent pour pouvoir diffuser au maximum ce spot dans les médias.