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Vidéo : Björk s'engage pour la planète et contre son gouvernement

Publié le

par Jeanne Pouget

Björk et l’association The Heart of Iceland ont donné une conférence de presse surprise vendredi dernier à Reyjkavik. Ils appellent à un rassemblement immédiat pour protester contre la politique du gouvernement qui souhaite ériger des centrales électriques au milieu du territoire jusqu’alors préservé.

Les hauts plateaux islandais constituent l’un des plus larges panoramas sauvages et vierges d’Europe mais ils ne bénéficient pas d’un statut légal pouvant en assurer la pérennité. Le gouvernement actuel envisagerait donc d’entamer la construction de routes, de lignes et de centrales électriques, ce qui modifierait radicalement le paysage en seulement 3 ans, d’après les estimations de l’association.

Godafoss waterfall

Un accord auquel Björk n’a pas l’intention de se plier. "La nature n’a pas d’avocat pour la défendre" a expliqué la star native de la terre de glace en conférence de presse. Coiffée et masquée "à la Björk", les cheveux en macarons et le visage partiellement recouvert de broderies pailletées, l’artiste iconoclaste a exhorté son peuple et le monde à se dresser contre la volonté de son gouvernement.

Pour cela, elle invite les Islandais à manifester 11 jours durant et le reste du monde à diffuser cette information ainsi qu’à signer la pétition postée sur le site de "The Heart of Iceland".

"J'ai décidé de consacrer toute mon énergie à l’Islande"

"80% des islandais sont opposés à ces projets" a expliqué la star qui s’érige ainsi en porte-parole de la population. En effet, lors d’un récent sondage, la majorité des répondants (60%), s’étaient prononcés en faveur de la labellisation de ces territoires en parcs nationaux. Selon elle, la population est maintenue à l’écart de ces décisions politiques menées dans l’ombre mais sur lesquelles elle compte bien faire peser son image pour y mettre de la lumière.

Ces dernières années, la pression s’est accentuée autour des hauts-plateaux islandais. Actuellement, 15 constructions de centrales électriques seraient en projet et 50 demandes seraient en cours.

Plan de construction du gouvernement islandais

"La meilleure arme c’est l’information", a expliqué la chanteuse dans un discours très pédagogique et réfutant en amont les critiques selon lesquelles elle souhaiterait par ce biais se mettre en valeur. "Je continue de parler, non pas parce que j’aime avoir l’attention, je serais très bien chez moi à écrire des chansons, je parle car j’ai cette tribune qui m’est offerte".

Résolument engagée, Björk a affirmé que tout son temps libre – à côté de sa carrière musicale – sera désormais dédié à cette cause :

Je pense que j’ai plus de poids ici en Islande, pas seulement pour faire des discours mais aussi pour changer les choses, plutôt qu’en parcourant le monde en avion pour lutter contre le réchauffement climatique.

Si l’on réussit à en faire des parcs nationaux et à les préserver, ce sera la plus grande chose que j'aurais réalisé dans ma vie et je pourrai dire à mes petits-enfants "voilà ce que j’ai accompli".

Par ailleurs, Björk a maintenu son soutien au rassemblement parisien pour la COP21, « un grand pas pour le monde ».

La nature islandaise en danger

De plus en plus de touristes du monde entier viennent admirer les reliefs géologiques uniques de l'Islande, parsemés de glaciers, de volcans, entre autres geysers et sources thermales. Aussi, l’association "Heart of Iceland" peut craindre un coup dur pour l’économie touristique du pays dont les paysages époustouflants demeurent la principale raison de la venue des étrangers.

Un engouement récent, très profitable au PIB du pays, qui pourrait très vite retomber si les paysages se transformaient en un alignement de poteaux électriques et de centrales.

Selon un article récemment publié par le site Reuters, un partenariat énergétique entre l’Islande et la Grande Bretagne serait en discussion. Les deux Premiers ministres respectifs, Sigmundur David Gunnlaugsson et David Cameron, envisageraient l’installation d’un câble de 1200 km sous la mer reliant les deux pays. Les volcans islandais fourniraient ainsi les foyers britanniques en énergie. Un chantier pharaonique qui pourrait prendre 10 ans.

Une course au commerce énergétique au détriment de la préservation du patrimoine naturel que les Islandais, représentés par leur icône nationale, ne seraient pas près d'accepter.

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