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Vidéo : 10 minutes pour comprendre les enjeux de la raréfaction de l'eau dans le monde

Publié le

par Jeanne Pouget

Alors qu'une nouvelle étude alerte sur la raréfaction, voire l'épuisement, des ressources en eau dans plusieurs régions du globe d'ici 2050, l'émission DataGueule fait le point. 

Un collège d'experts réuni mi-décembre à San Francisco (États-Unis) a tiré le signal d'alarme concernant la raréfaction des ressources mondiales en eau. Selon eux, d’ici 2050, jusqu’à 1,8 milliard de personnes pourraient vivre dans des régions où les réserves en eau seraient quasiment, voire entièrement, épuisées. Selon l'Union américaine de géophysique (AGU), qui a rendu ce rapport, l’Inde, l’Argentine, l’Australie, la Californie et le sud de l’Europe figurent parmi les régions les plus à risque. Concernant l'Europe, l’eau stockée dans le sous-sol du sud de l’Espagne et de l’Italie pourrait ainsi être épuisée d'ici trente ans.

Un constat inquiétant qui confirme que l'eau pourrait être le nouvel or bleu et la cause de prochains conflits. La websérie DataGueule nous fournit des chiffres éclairants à ce sujet.

L'eau, première source d'inégalités dans le monde

Si l'on qualifie souvent la Terre de planète bleue recouverte à 70 % d'eau, ce n'est en fait qu'une illusion car celle-ci ne recouvre en fait que 0,023 % de la masse terrestre. Loin de couler à flots, l'eau douce et sous forme liquide (et donc potentiellement potable) représente ainsi moins de 1 % de la surface de l'eau présente sur terre. Par conséquent, en 2015, 748 millions d'habitants à travers le monde n'avaient pas accès à l'eau potable, soit 10 % de la population mondiale.

Rien qu'en France, la consommation d'eau par habitant et par jour a pratiquement doublé depuis 1975 pour atteindre 200 litres, plus de treize fois la consommation quotidienne d'un habitant d'Afrique subsaharienne. Des inégalités criantes face à un patrimoine commun et vital.

D'autre part, l'accès à l'eau n'est qu'une partie du problème. En effet, encore faut-il que cette eau soit propre à la consommation. Or 3,5 milliards d'être humains, soit 47 % de la population mondiale s'abreuvent chaque jour d'une eau contaminée. Aussi, les maladies liées à l'eau (choléra, diarrhée...) sont la première cause de mortalité dans le monde à ce jour.

L'agriculture, première cause de la raréfaction de l'eau

Comme le rappelle DataGueule, 70 % de l'eau potable utilisée dans le monde est pompée par l'agriculture, devant l'industrie et les besoins quotidiens (douche, chasse d'eau, lessive, etc.). Car il est bon de rappeler que si près de la moitié de la population mondiale n'a pas accès à l'eau potable, nous faisons nos besoins dans de l'eau propre à la consommation...

Derrière tous ces chiffres se cache une réalité qui nous échappe bien souvent : la consommation d'eau virtuelle que nous ne percevons pas directement, celle contenue dans notre alimentation ou dans nos vêtements. L'exemple le plus criant est celui du steak de bœuf : pour une simple portion de 250 grammes de viande, il faut compter 3 850 litres d'eau de l'élevage à l'assiette. Ou 22 500 litres d'eau pour produire un kilo de coton en Inde. Ou encore 2 litres d'eau pour produire un litre de Coca, la boisson la plus consommée au Mexique.

Cette eau puisée pour notre consommation effrénée est bien souvent définitivement perdue ou contaminée : dans le monde, 80 % des eaux usées ne sont ni collectées ni traitées. Une gestion de l'eau absurde et inconséquente qu'il serait bon de revoir. Catherine Carré, géographe et enseignante à la Sorbonne, apporte des éléments de réponse dans la seconde partie de la vidéo. À visionner d'urgence pour repenser notre modèle de consommation de cette ressource à bout de souffle. L'eau n'est pas un bien, mais un droit humain.

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