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Dans le Nord, la vente d'alcool à emporter est désormais interdite après 20h

Publié le

par Fanny Hubert

Unrecognizable young man in a wine shop choosing a wine

Dans le cadre de l'état d'urgence, le préfet de la région Nord-Pas-de-Calais a décidé d'interdire la vente d'alcool à emporter à partir de 20 heures. Une décision qui ne plaît pas à tout le monde. 

Source : iStock

Pour respecter au mieux l'état d'urgence que connaît en ce moment la France, la solution qu'a trouvée Jean-François Cordet, préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, est d'interdire la vente d'alcool à emporter de 20 heures à 8 heures et ce tous les jours jusqu'au 26 février prochain, comme le révèle La Voix du Nord.

Pour justifier cette décision un peu surprenante, la préfecture a déclaré :

Cette mesure vise à limiter les troubles à l’ordre public, et à ne pas disperser les forces de l’ordre sur des missions liées à la consommation excessive d’alcool.

Les commerçants n'ont pas très bien pris la nouvelle et ne comprennent pas "le lien entre terrorisme et alcool." Ils ont surtout peur des conséquences que cela risque d'avoir sur l'économie de leur région. De plus, comme le souligne l'un d'entre eux : "Ça ne sert à rien. Les gens viendront avant 20 heures, ou iront dans des bars. C’est ridicule !"

De plus en plus d'abus

Cet arrêté préfectoral est assez symptomatique des abus engendrés par l'état d'urgence. Depuis le 14 novembre dernier, la France est soumise à cette situation qui "confère aux autorités civiles, dans l'aire géographique à laquelle il s'applique, des pouvoirs de police exceptionnels portant sur la réglementation de la circulation et du séjour des personnes, sur la fermeture des lieux ouverts au public et sur la réquisition des armes", comme on peut le lire sur le site du Sénat.

Habituellement d'une durée de 12 jours maximum, il a été prolongé exceptionnellement de trois mois, ce qui le rend effectif jusqu'au 26 février prochain. Pour l'instant, au moins 1072 perquisitions et 253 assignations à résidence ont été effectuées dans le cadre de cet état d'urgence. Mais certaines interventions sont vues à juste titre comme abusives.

Plusieurs bavures ont été relayées par Le Monde qui cite notamment l'histoire du trompettiste Ibrahim Maalouf arrêté à la Gare du Nord à Paris car il faisait l'objet d'un signalement d'Interpol qui s'est révélé complètement infondé. À Nice, une petite fille a vu son père se faire menotter et a été blessée lors d'une perquisition de la police qui s'était en fait trompée d'appartement...

Plus récemment, des fermiers du Perigord ont vu les gendarmes débarquer chez eux à la recherche de "personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste". Elodie, la principale concernée, ironise : "Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ?". 

En ce qui concerne les recours, Le Monde explique que les personnes concernées peuvent porter plainte mais ne sont évidemment pas sûres d'obtenir gain de cause. Rappelons tout de même que l'état d'urgence est une mesure de sécurité pouvant permettre d'éviter des événements dramatiques qui seraient éventuellement en train de se préparer.  

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