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Une pétition en ligne espère changer le cours de l'élection américaine

Publié le

par Andrew Arnett

Une pétition en ligne espère changer le cours de l'élection américaine

Une pétition demandant aux grands électeurs de changer le résultat du scrutin présidentiel, en votant pour Hillary Clinton, a déjà récolté plus de 4,3 millions de signatures.

À l’annonce de la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues aux États-Unis. Une explosion de colère qui a parfois abouti à des épisodes violents dans des villes comme Oakland, Portland et New York, où des centaines de personnes ont été arrêtées ces trois derniers jours. Mais la rage n’est pas le seul moteur de ces manifestations, portées également par un espoir : celui d’empêcher Donald Trump d’accéder à la Maison-Blanche. Car en réalité, c’est encore (techniquement) possible.

Une pétition circule en effet pour demander au collège électoral américain de voter pour Hillary Clinton. Pour rappel, les présidents américains ne sont pas élus au suffrage universel direct, comme les présidents français. Ils sont en fait élus par ce que l'on appelle des grands électeurs, des responsables politiques qui sont envoyés par chaque État à Washington pour désigner le nouveau président. Ce mode de fonctionnement remonte au XVIIIe siècle, à une époque où les modes de communication n'étaient pas aussi développés qu'aujourd'hui. Les résultats des bureaux de votes pouvaient ainsi mettre plusieurs jours, voire semaines, pour arriver jusqu'à la capitale, d'où le recours à des intermédiaires.

Lancée par Elijah Berg sur Change, la pétition a déjà récolté plus de 4,3 millions de signatures. On peut lire dans la description :

"Monsieur Trump n’est pas apte à servir. Son mépris envers tant d’Américains, son impulsivité, ses mensonges, son passé de harceleur sexuel, et son manque flagrant d’expérience en font un danger pour la république."

La pétition rappelle également qu’Hillary Clinton a, en réalité, remporté le vote populaire (avec 780 000 voix supplémentaires). Mais le système de collège électoral fait que Donald Trump a bien gagné — avec 290 grands électeurs contre 232 pour la démocrate, le candidat républicain ayant remporté le plus d'États alors que son adversaire a surtout marqué des points dans les grandes villes.

Toutefois, par un procédé juridique, ce même collège électoral peut encore retourner sa veste le 19 décembre, lors de son vote officiel. Pour cela, 38 d’entre eux doivent mettre de côté la victoire de Donald Trump dans leur État (il y a 538 grands électeurs : pour gagner il faut en avoir au moins 270 de son côté).

Selon la constitution américaine, c’est aux seuls membres du collège que revient la décision finale. Étonnamment, rien ne les empêche légalement d’ignorer les électeurs. Si ce type de revirement est rare, il s’est déjà produit dans le passé, et même récemment. En 2004, un grand électeur du Minnesota, censé voter pour John Kerry, a donné sa voix à John Edwards (même si apparemment c'était un accident). Mais en règle générale, 99 % du collège a respecté le choix des urnes dans l’histoire américaine.

Au vu des surprises qui se sont produites durant toute cette campagne électorale, il semble que plus rien n’est impossible. Chris Suprun, un électeur républicain du Texas a déjà confié à Politico qu’il considérait la possibilité de donner sa voix à Hillary Clinton.

Si jamais cela devait se produire, le nouveau résultat ne serait toujours pas définitif, étant donné que le congrès doit ensuite approuver le vote du collège électoral le 6 janvier. Les républicains ayant remporté le congrès, il y a fort à parier qu’ils redonneraient malgré tout leur vote à Trump ou à un autre de leur candidat, comme Mike Pence ou Paul Ryan.

Comme le montrent ces photos de manifestation à New York, les opposants à Donald Trump restent mobilisés.

Photographies de Sébastien Vergne (@touelve).

Traduit de l'anglais par Sophie Janinet

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