Le crépuscule de NTM, photo pris à l’époque de la compilation « Le Clash »

NTM décortiqué à l'Université de Manchester

L'université de Manchester intègre les oeuvres de NTM dans un cours consacré à la musique contestataire française. À quand la même chose en France ? 

Le crépuscule de NTM, photo pris à l'époque de la compilation "Le Clash"

Le crépuscule de NTM, photo prise à l'époque de la compilation "Le Clash"

Comment peut-on comprendre une époque en regardant du côté de la chanson populaire ? Comment celle-ci représente-t-elle l'esprit du temps et comment, a fortiori, peut-elle influencer le cours des événements et engager une éventuelle prise de conscience politique ?

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C'est à ces deux questions que le cours "La musique contestataire en France" enseigné depuis l'année dernière à l'université de Manchester semble vouloir répondre. Repérée par Nova, on doit l'initiative à Barbara Lebrun, enseignante au département d'étude française, et ancienne étudiante de l'université de Rouen et d'Aix-en-Provence.

"Faire une dissertation sur NTM"

Ce séminaire, outre une présentation générale de l'histoire de la chanson populaire en France, s'attarde sur trois cas particuliers  : Georges Brassens, "le poète", Serge Gainsbourg, "le provocateur aux multiples talents" (périphrase dont sont affublés les deux chanteurs sur le site de l'université britannique) et NTM.

Il mêle, d'après la présentation disponible, analyses de clip, présentation des contextes historique et social dans lesquels ces artistes s'inscrivent ainsi qu'études de textes (interviews des artistes - paroles des chansons). Une approche transdisciplinaire pour saisir pleinement le sens et l'impact des créations de ces artistes clés de la culture populaire française.

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Parmi les trois "cas d'études", la présence de NTM reste la plus symbolique. Groupe clé dans l'histoire du rap hexagonal, contestataire par nature et forcément lié à la question des banlieues, Kool Shen et Joey Starr accèdent à une reconnaissance académique loin de leur Saint-Denis natal dans une faculté qui a ouvert l'an dernier un centre d'étude sur la culture gothique.

Un autre signe d'ouverture académique alors que les cours estampillés hip-hop studies se multiplient dans le monde (notamment à Harvard, comme on le soulignait récemment). Et que la France est à la traîne.

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Et à la lecture de la plaquette décrivant le séminaire, c'est vrai, on a eu des frissons. Frissons redoublés assez rapidement  d'une amertume quant à l'absence de pareil enseignement ici-bas Parce que, il faut le dire, un cours NTM ça nous "met[trait] la fièvre pendant des heures". 

Par Tomas Statius, publié le 11/07/2014