Une Londonienne décide de ne rien consommer pendant un an et économise 25 000 euros

Le jour du Black Friday 2015, Michelle McGagh s'est lancé un défi  : ne plus dépenser d'argent pendant un an. Elle raconte cette expérience dans son livre The No Spend Year : How I Spent Less and Lived More, paru le 12 janvier outre-Manche. 

(©Michelle McGagh/Twitter)

(© Michelle McGagh/Twitter)

Michelle McGagh est une journaliste free-lance londonienne spécialisée dans la finance. Elle gagne donc sa vie à écrire des articles qui parlent de près ou de loin d'argent. Avec son mari, elle achète en 2013 une belle maison dans le nord de Londres et contracte pour la première fois de sa vie un important prêt auprès de sa banque. Jusqu'alors elle avait réussi à vivre sans "dette". Mais, parallèlement, elle s'intéresse de plus en plus aux mouvements minimalistes et se débarrasse progressivement de 80 % de ses biens matériels.

En 2015, elle entend parler du Buy Nothing Day (la journée sans achat) créé en réaction à la journée du Black Friday (coup d'envoi des soldes de novembre suivant le jour de Thanksgiving dans les pays anglo-saxons). De plus en plus séduite par ces mouvement anticonsuméristes, elle décide d'aller plus loin et se lance dans une "Buy Nothing Year", une année entière sans rien acheter. Elle fait le récit de cette expérience à la fois difficile et bénéfique dans un livre The No Spend Year : How I Spent Less and Lived more (Une année sans dépenses : comment j'ai dépensé moins et vécu plus) et sur son blog London Minimalists.

Exit le cinéma, les verres, les restos, les transports...

Le 26 novembre 2015, sous le regard inquiet de ses proches, Michelle McGagh passe donc à l'action et se lance dans une année (très) minimaliste. Elle se donne en effet le défi de vivre 365 jours sans rien acheter, sans consommer, bref sans dépenser d'argent en dehors du strict minimum. Mais elle se fixe quand même quelques règles : "Je devais payer mon prêt, mes charges, mon assurance vie, mes dons aux œuvres de charité, le wifi et mes factures téléphoniques" ce qui représente déjà 1 896,76 livres sterling par mois (soit 2 212,74 euros).

En dehors de cela, elle s'engage aussi à se fournir en produits de toilettes basiques (dentifrice, déodorant, savon et shampoing) et en lessive. Et s'accorde pour elle et son mari un budget courses de 35 livres par semaine (environ 40 euros) pour manger. En dehors de ça, Michelle n'aura le droit à rien d'autre, aucun budget pour les extras, les sorties,  les loisirs, les vacances...

"Cela voulait dire pas de sorties au cinéma, pas de soirées au pub, pas de nourriture à emporter ni de restos, pas de nouveaux vêtements, pas de vacances, pas d'abonnement à la salle de sport, pas même un Kit Kat ou une part de cheese-cake et certainement pas de café à emporter."

Elle a en effet calculé que son budget de cafés à emporter s'élevait à 400 livres par an (soit 467 euros). "J'ai aussi gelé mon budget transport, ce qui signifiait que je devais me rendre partout à vélo."

Changer complètement de mode de vie

Passé un Noël sans cadeaux, Michelle admet vivre un hiver monacal un peu tristounet sans réelle vie sociale. Puis le printemps arrivant, elle se remotive et profite des joies des beaux jours et des événements gratuits de la ville : le cinéma en plein air, les expos gratuites, etc., avant de réaliser qu'elle fait fausse route :

"J'ai réalisé que ce que je faisais de ce défi était erroné. J'essayais de vivre ma vie d'avant, gratuitement. À la place je devais embrasser un autre style de vie."

Elle change donc sa routine et profite de la nature : baignades, promenades à pied et balades à vélo, promenades dans les parcs, pique-niques faits maison. "Ces plaisirs simples me rendaient bien plus heureuse que n'importe quel dîner onéreux au restaurant." Côté vacances, pas question de s'envoler pour une quelconque destination ni de réserver un hôtel. L'été, avec son mari, elle explore donc la côte Est de l'Angleterre : camping sauvage, bains dans la mer en guise de douche, salades de pâtes préparées à l'avance et petits pains, et ce fut "l'un de [s]es meilleurs souvenirs de vacances".

"L'aventure nous a rapprochés Franck et moi, et cela nous a prouvé que nous n'avions pas besoin de dépenser plus pour être heureux."

Néanmoins, Michelle admet que certains plaisirs du quotidien lui manquent, et que ses proches sont parfois affectés par son mode de vie. Mais le dernier jour de son défi, le 26 novembre 2016, elle est loin de dépenser sans compter :

"La première chose que j'ai payée, c'est une tournée générale à minuit pour mes proches. Ensuite, j'ai pris un billet d'avion pour aller rendre visite à mon grand-père. Je suis allée m'acheter de nouveaux habits mais j'ai fait une liste avant et je n'ai pas du tout ressenti le besoin de m'en écarter."

En fin de compte, Michelle a économisé 22 439 livres sterling en un an (soit 26 1847 euros) et remboursé une partie de son prêt mais surtout, elle a réalisé que le mode de vie métro-boulot-dodo pour payer ses dettes et accumuler toujours plus de biens matériels n'était pas vraiment son truc.

"Un an après, j'ai réévalué mes dépenses et trouvé un équilibre. J'achète l'essentiel, un peu moins quand il s'agit d'aller en vacances, d'aller boire un verre et de m'amuser mais j'ai complètement arrêté les cafés à emporter. En définitive, les objectifs à long terme, comme être satisfaite avec ce que j'ai, sont plus importants pour moi et me rendent plus heureuse que tout ce qui s'achète dans un magasin".

À lire -> Pourquoi 2017 doit marquer l'avènement de la déconsommation

Par Jeanne Pouget, publié le 31/01/2017