@https://www.instagram.com/p/BUcH15bDmPl/?taken-by=masih.alinejad

featuredImage

Pour demander le droit de ne pas porter le voile, une Iranienne lance les "white wednesdays"

Pour militer pour la liberté de choisir de porter ou non le voile, une Iranienne a lancé la campagne des "white wednesdays" : hommes et femmes sont invités à porter un voile ou un ruban blanc, afin d'afficher leur solidarité avec le combat sans risquer les représailles de la police des mœurs.

La journaliste iranienne Masih Alinejad a créé la page Facebook My Stealthy Freedom ("Ma liberté cachée") en 2014. Elle milite pour que les Iraniennes obtiennent la liberté de pouvoir choisir de porter ou non le hijab, en les encourageant à partager des photos d’elles avec la tête nue, ou plus récemment en dénonçant les pratiques de la police des mœurs. Début mai, une vidéo choquante publiée sur la page montrait une femme essayant de récupérer ses papiers qui venaient d'être confisqués par la police, parce qu’elle ne portait pas de voile au volant. La vidéo s'achève par les images des policiers essayant de se débarrasser d'elle en lui roulant dessus en voiture.

Le 19 mai se tenait l’élection présidentielle iranienne. Celle-ci a insufflé l’espoir d’un avenir plus libre : comme le rapporte le Huffington Post, des femmes sont même allées voter sans voile. À l’annonce de la réélection du président modéré Hassan Rouhani, certaines l’ont également ôté dans la rue. Cela n’a pas plu aux conservateurs, comme cette femme qui a voulu rappeler ces compatriotes aux convenances et à l’obligation de porter le hijab.

Un symbole de paix et de liberté

C’est alors que Masih Alinejad a eu l’idée de la campagne #WhiteWednesdays ("#MercredisBlancs"). Lancée ce mercredi 24 mai, elle invite les femmes et hommes iraniens à porter un voile blanc ou un ruban blanc au poignet le mercredi, pour militer de façon symbolique et sûre pour la liberté de choisir de porter ou non le voile. Il s’agit d’instaurer des mercredis "sans contrainte", pour tous ceux et celles qui sont opposés à la loi, sans pour autant se mettre en opposition frontale avec le reste de la population, le but étant de prôner la solidarité généralisée.

Traduction : "En portant ce voile blanc, je demande au gouvernement de soutenir mon libre arbitre et d’assurer ma sécurité. […] Le voile ne peut pas être imposé par la contrainte, le bâton, les attaques à l’acide et la police des mœurs. Cela ne rendra pas le hijab populaire. […] Nous devrions appeler ce jour 'les mercredis sans mensonges et contraintes'. Un jour où nous ne sommes pas obligées de mentir à la société pour nous définir en tant que femmes voilées. Nous aimerions profiter de la sécurité. Nous ne voulons pas être jugées. Nous voulons être en paix avec la société, le gouvernement et les religieux. Le voile blanc n’est pas en opposition avec le voile noir : il le complète. Le voile blanc est l’emblème de l’amitié et de la paix. Je suis une femme qui ne croit pas au voile et je veux que ces lois changent. […]"

Depuis son appel à faire des "mercredis blancs", Masih Alinejad a reçu le soutien de nombreuses Iraniennes — et de quelques Iraniens. Elle a expliqué au New York Times qu’elle espérait que ces voiles blancs deviendraient "un symbole du libre choix et du combat implacable pour l’égalité".

Par Mélissa Perraudeau, publié le 25/05/2017