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En 2016, les jeunes sont heureux mais ont peur pour l'avenir

Publié le

par Clotilde Alfsen

Environ 53 000 personnes, âgées entre 18 et 35 ans, ont accepté de participer à une enquête sur Internet pour donner leur vision du bonheur. Révélations sur ce qui rend heureux les jeunes en 2016.

(© MK2 Diffusion)

"Que du bonheur, l'enquête qui te donne la parole" est le nom du grand sondage réalisé par l'association Générations Cobayes (en collaboration avec Domplus) sur la vision des jeunes du bonheur. L'enquête se fonde sur les réponses d'un échantillon de 53 000 personnes, âgées entre 18 et 35 ans, à 100 questions. Trois mois après le lancement de l'opération, Konbini (partenaire de l'initiative) est fier de vous présenter les résultats.

Alors, quelle importance donnent les jeunes au travail, à la politique ou à la consommation ? Comment essayent-ils d'être heureux ? Sommes-nous si dépendants de nos téléphones ? Les réponses vont souvent à l'encontre des clichés.

Cyniques mais heureux

Alors que 56 % des Français se disent heureux, nous les jeunes sommes 82 % à ressentir du bonheur... mais sans être satisfaits pour autant du monde qui nous entoure. Nés dans la crise économique perpétuelle et avec un smartphone à la main pour nous informer, nous savons que nous n'aurons pas le même accès à l'emploi que nos parents, ni la même stabilité. Cependant, nous sommes 80 % à penser que notre bonheur ne dépend que de nous. En clair, la distinction est faite entre notre situation individuelle et notre environnement.

De manière assez surprenante, le sujet le plus préoccupant pour les jeunes est la dégradation de l'environnement (comme l'affirment 37 % des sondés). Viennent ensuite la montée des extrêmes en politique et le pouvoir des multinationales. Le chômage n'arrive qu'en dixième position... juste après la mort (respectivement 17 et 21 %). La crise économique et les difficultés des politiques à limiter son impact sur les citoyens ont beaucoup abîmé la confiance des jeunes Français envers les institutions qui doivent les représenter. Paradoxalement, ils sont 75 % à ne pas avoir confiance en l'avenir de la France, tout en étant 63 % à s'y sentir bien.

Un chiffre particulièrement frappant de l'enquête montre que seulement 2 % des sondés sont d'accord pour affirmer que les citoyens français ont un vrai pouvoir démocratique, même si 83 % des jeunes aimeraient participer à la construction de la société de demain... sans savoir comment.

© Jessica Bordeau pour Que Du Bonheur

Une autre vision de la stabilité

Fini les carrières toutes tracées. La plupart des jeunes ne sont pas obnubilés par l'idée d'avoir un CDI : 62 % pensent qu'un tel contrat n'est pas indispensable. En outre, ils sont 54 % à envisager de faire plusieurs métiers durant leur carrière professionnelle.

Ce dont ils ont besoin par dessus tout, c'est d'avoir du temps pour eux, en dehors du travail. La combinaison parfaite pour être heureux  : 32 heures de travail hebdomadaires, 10 semaines de vacances par an et 2 000 euros net par mois (si l'on en croit les valeurs médianes des réponses). En somme, travailler moins pour gagner moins pourrait être la nouvelle devise de notre génération. D'autant plus que le bien-être au travail apparaît en soi comme une source de bonheur.

© Jessica Bordeau pour Que Du Bonheur

Sobriété connectée

Autre élément qui ressort de l'enquête : les jeunes sont plus connectés que jamais. L'accès à Internet est la première chose dont ils ne pourraient se passer – le smartphone vient ensuite, puis l'ordinateur. Mais attention, 87 % des jeunes affirment ne pas avoir besoin des réseaux sociaux pour être heureux !

Selon le sondage, la société de consommation c'est définitivement old. La jeune génération ressent beaucoup moins le besoin d'acheter beaucoup et tout le temps. Pour seulement 4 % des jeunes il est primordial d'acheter des nouveautés fréquemment. Ce qui est indispensable ? Une bonne santé et une bonne protection sociale. Même si, en attendant, les jeunes ont une bonne descente : ils sont 49 % à boire de l'alcool plusieurs fois par semaine.

©Jessica Bordeau pour Que du Bonheur

L'enquête révèle donc une génération consciente et connectée, qui a envie d'agir pour la planète (97 % pensent qu'il est important de sauver l'environnement), mais qui se méfie des institutions représentatives telles qu'elles existent. Les organisateurs de l'enquête se sont fixés comme but de faire entendre la voix des jeunes aux politiques, afin de leur faire comprendre leurs attentes et leurs méfiances. C'était notamment l'objectif du Grand oral sur le bonheur, qui a eu lieu le 8 décembre, et qui a réuni des participants à l'enquête, des youtubeurs et des décideurs politiques, parmi lesquels Yannick Jadot, candidat EELV à l'élection présidentielle ou Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

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