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Une contre-expertise médicale confirme la mort par asphyxie d’Adama Traoré

Publié le

par Cyrielle Bedu

Une nouvelle analyse contredit les déclarations de l’ancien procureur de Pontoise chargé de l’affaire : le jeune homme, mort le 19 juillet 2016, aurait été victime d’une bavure des forces de l’ordre, comme le suspectait sa famille.

Selon les résultats d’une contre-expertise réalisée à la demande de la famille Traoré et à laquelle Le Parisien a pu avoir accès, Adama Traoré – décédé à 24 ans le 19 juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise) – serait bel et bien mort par asphyxie et non en raison d’une "infection très grave", comme l’avait initialement indiqué le procureur de Pontoise chargé de l’affaire. Yves Jannier (qui a depuis été muté à Paris, après avoir été à l’origine de communications mensongères à propos de la mort d’Adama Traoré) avait à l’époque conclu que le jeune homme n’avait été victime d’aucune "trace de violence significative" lors de son interpellation.

Selon les conclusions de cette nouvelle analyse datée du 22 juin et menée par le professeur Patrick Barbet et le docteur Pierre Validiré,"aucun signe ne permet d’évoquer un état infectieux antérieur" chez Adama Traoré. La mort du jeune homme ne serait donc pas due à une maladie pulmonaire, mais à une asphyxie : "La mort de Monsieur Adama Traoré est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un effort et de stress - d'un état antérieur plurifactoriel associant notamment une cardiomégalie (ndlr : un coeur plus gros que la normale) et une granulomatose systémique de type sarcoïdose."

Lors de son interpellation, des gendarmes avaient infligé un plaquage ventral à Adama Traoré pour le menotter. Le jeune homme avait alors fait part de difficultés respiratoires, selon l’audition de l’un des officiers. Mais jusqu’à présent les officiers déclaraient également qu’Adama Traoré avait ensuite feint un malaise dans la voiture le menant à la gendarmerie, et serait mort plus tard, au poste. Cette version des forces de l’ordre a par la suite été contredite par un sapeur-pompier, arrivé au poste de gendarmerie après les faits. Selon lui, Adama Traoré se trouvait alors "face contre terre, sur le ventre, mains dans le dos menottées".

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