Cette IA accessible à tous permet de générer des paysages postapocalyptiques

À l’œuvre, les réseaux antagonistes génératifs ou Generative Adversarial Neural Networks (GAN).

Et voici un nouvel exemple d’une intelligence artificielle (IA) qui apprend à générer des formes toute seule. Récemment, nous vous parlions de chaises très design esquissées par une IA et qui avaient ensuite été pimpées par des humains : une parfaite et pacifique collaboration homme-machine.

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Il est aussi possible, désormais, de dessiner avec Uncanny Road – une IA spottée par Fast Company —, sauf qu’il n’est pas nécessaire cette fois-ci d’être designer pour s’amuser. Le commun des mortels peut découvrir à sa guise et à son rythme les délices des algorithmes créatifs.

Pour s’en servir, c’est assez simple. Faites des "glisser-déposer" avec les formes proposées (bonhommes, arbres, lampadaires, panneaux) sur le paysage. Ajoutez ici, si vos skills artistiques se manifestent, des coups de "pinceau" sur le paysage. Et cliquez sur "Générer". Le dessin se transsubstantie en un décor réaliste saupoudré de relents postapocalyptiques.

Le dessin originel – les deux personnages ont disparu lors du screenshot.

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Variante avec deux humains géants.

Comment cette métamorphose est-elle possible ? Comme chaque IA digne de ce nom, Uncanny Road a ingéré beaucoup de data pour être en mesure de s’adonner à l’art de la composition. Dans notre cas, ce sont des milliers de photos de paysages, routes, bonhommes, trottoirs, arbres, lampadaires ou panneaux, piochées chez Cityscapes Dataset. À chaque apprentissage, l’algorithme essaie de capter les "patterns" inhérents à chacun de ces objets pour composer les siens.

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Comme pour les chaises inventées de toutes pièces, nous avons à l’œuvre, derrière Uncanny Road, un type bien spécifique d’IA dont le nom rentrera peut-être bientôt dans la langue courante : les GAN, Generative Adversial Networks (réseaux antagonistes génératifs en français), idoines pour la génération d’images réalistes.

Le fonctionnement des GAN, complexe dans les détails mais simple dans les grandes lignes, est plutôt amusant (oui, on est en droit d’utiliser ce type d’adjectif pour des algos) : deux "agents" jouent, sans supervision humaine, au faussaire et au gendarme. Le faussaire balance des images au gendarme, qui doit dire si ce sont de vraies images piochées dans une base de données ou si celles-ci ont été générées par le faussaire. De verdict en verdict, le faussaire – l’IA – progresse et vient flirter avec le réalisme.

Par Pierre Schneidermann, publié le 13/09/2018

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