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L’UFC-Que Choisir épingle plus de 1 000 produits cosmétiques dangereux

Publié le

par Mélissa Perraudeau

L’UFC-Que choisir a actualisé sa base de données des cosmétiques contenant des substances indésirables, comme des allergisants ou des perturbateurs endocriniens. Elle contient désormais plus de 1 000 références, dont 23 sont carrément "hors la loi".

(© Paramount Pictures)

Il y a quatre mois, L’UFC-Que Choisir, première association de consommateurs de France, publiait un tableau recensant 419 produits cosmétiques aux composés préoccupants. Elle lançait alors un appel à alimenter cette base de données, qui s’est prouvée très efficace. Les consommateurs se sont mobilisés, et la taille de la liste a plus que doublé. Le 7 juin, l’association a publié un nouveau rapport alarmant sur plus de 1 000 produits cosmétiques, dont "23 produits contenant des substances interdites". L’association identifie désormais "douze composés préoccupants" dont des allergènes et perturbateurs endocriniens.

Si la présence de perturbateurs endocriniens dans l’huile sèche sublimante du Petit Marseillais, le déodorant Natur Protect de Sanex ou le rouge à lèvres Deborah Milano n’est peut-être pas surprenante après les rapports précédents de l’association, les ingrédients de certains produits pour les enfants demeurent particulièrement alarmants. À commencer par le Mitosyl, une pommade fréquemment prescrite aux nourrissons pour les irritations des fesses dans laquelle on trouve l’un des perturbateurs endocriniens "parmi les plus préoccupants" : le BHA.

"Lorsque les fesses sont irritées, la prétendue barrière cutanée est encore moins hermétique qu’une peau saine. Et les tout-petits sont les plus sensibles aux effets des perturbateurs endocriniens. Mais ce n’est pas le seul inconvénient de cette crème. D’après la Haute autorité de santé, l’utilisation de Mitosyl expose notamment à un risque d’eczéma dû à la présence conjointe de BHA et de lanoline. Bref, toutes les bonnes raisons sont réunies pour se débarrasser de ce produit", assène l’UFC-Que Choisir.

D’autres produits de la vie quotidienne des bébés et enfants sont en cause, comme un antipoux ou des savons vendus comme "extra doux". L’UFC-Que Choisir a souligné que les mentions "hypoallergéniques" ou encore "peau sensible" ne garantissent pas une meilleure composition des produits, puisqu’il n’y a pas de "définition réglementaire précise" :

"Ainsi le savon pour enfant 'doux pour la peau' Classic pamplemousse de Dettol, la crème lavante au savon de Marseille et à l’huile d’olive 'testée sous contrôle dermatologique' de Leader Price et le bain moussant Vanille et ambre 'dermoprotecteur' Manava de Leclerc, contiennent tous de la methylisothiazolinone (MIT) et de la methylchloroisothiazolinone (MCIT), des conservateurs encore plus allergisants en mélange !"

"Faux doux" et produits hors la loi

L’association met ainsi en garde contre trois catégories de produits dangereux : les faux doux, mais aussi les cocktails détonants, qui mélangent plusieurs perturbateurs endocriniens, et les illégaux. Vingt-trois références sont carrément "hors la loi" et pourtant bien présentes sur le marché. Parmi elles, un spray solaire pour enfants Lovea, un gel coiffant Dop, un soin pour les yeux L’Oréal Men… On y trouve de la MIT et de la MCIT, des produits pourtant interdits depuis juillet 2016 et d’autant plus dangereux qu’ils ne se rincent pas. Le fond de teint poudre minérale de Maria Galland, quant à lui, contient de l’isobutylparaben, un perturbateur endocrinien interdit depuis plus de deux ans.

Selon l’UFC-Que Choisir, les produits destinés aux cheveux frisés ou crépus, qu’ils soient vendus en pharmacie ou dans des magasins spécialisés, sont particulièrement concernés par ces composants interdits. Pour Alain Bazot, le président de l’association, "en toute logique, il faudrait faire un rappel de ces produits pour que les consommateurs qui les ont achetés en toute bonne foi se fassent rembourser".

Devant l’augmentation "alarmante" du nombre de produits dangereux, l’UFC-Que Choisir "appelle les consommateurs à faire le ménage par eux-mêmes", en évitant les produits dénoncés par l’association et en contribuant à la base de données. L’association demande également un "retrait immédiat" de la vente pour les 23 produits "hors la loi", et "exhorte la Commission européenne" à s’engager sérieusement contre l’utilisation des perturbateurs endocriniens. Elle mentionne l’abandon d’un projet de définition des perturbateurs endocriniens la semaine dernière, la Commission européenne ayant eu peur qu’il soit refusé, notamment par la France. Ce projet était pourtant déjà "très favorable aux industriels" selon l’UFC-Que Choisir, qui souligne l’influence des lobbys.

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