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L’UE inflige une amende record de 4 342 865 000 euros à Google

Le géant de la Silicon Valley a décidé de faire appel.

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La Commission européenne vient d’infliger une amende de 4,34 milliards d’euros à Google pour pratiques anticoncurrentielles. La faute à certaines utilisations observées autour d’Android, son logiciel d’exploitation pour appareils mobiles, qui favoriseraient le moteur de recherche de Google au détriment des moteurs de recherche alternatifs (coucou Qwant !).

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Plus précisément, dans son communiqué de presse, la Commission dénonce trois pratiques abusives :

  1. Google a obligé les fabricants de téléphone et de tablettes à pré-installer l’appli Google Search et son navigateur Chrome pour obtenir, en retour, l’autorisation de pré-installer le Play Store sur chacun de leurs appareils.
  2. Google a payé certains grands fabricants et opérateurs de réseaux mobiles pour qu’ils pré-installent en exclusivité l’application Google Search sur leurs appareils.
  3. Enfin, Google a également empêché les grands fabricants de pré-installer les "forks Android", des versions alternatives d’Android comme "Fire OS", développé par Amazon. Ces forks sont tout à fait légaux, puisqu’Android est un logiciel libre et en open source. Cette pratique anti-fork favorisait, elle aussi, le moteur de recherche de Google.

À ces griefs, Google a opposé deux grands arguments :

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  1. Les revenus publicitaires liés à Google Search et à Chrome (une recherche par défaut sous Chrome se fait avec Google) sont nécessaires, notamment pour rentabiliser l’argent qu’investit Google dans Android.
  2. Ces restrictions imposées aux constructeurs sont nécessaires pour empêcher la "fragmentation" de l’écosystème Android. Autrement dit : plus Google est omniprésent, mieux c’est pour tout le monde.

Des arguments qui n’ont pas convaincu la Commission européenne. Google est donc sommé de mettre fin à ces pratiques d’ici 90 jours, sous peine de subir une astreinte pouvant aller jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires journalier moyen et mondial d’Alphabet, sa société mère.

Sundar Pichai, CEO de Google, s’est immédiatement fendu d’une réponse sur le blog officiel de l’entreprise. Le dirigeant reprend l’argument de l'"écosystème" : tout marche bien comme ça, c’est ultra-pratique pour les constructeurs, les développeurs et les utilisateurs.

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D’autre part, Google nous rappelle qu’il est très facile de se débarrasser de Chrome et d’installer un navigateur alternatif, gif didactique chronométré à l’appui :

© Google

Surtout, on apprend dans ce communiqué que non, contrairement à ce qu’indique la Commission, les constructeurs n’auraient aucune contrainte imposée par Google.

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Pour ces raisons, et probablement bien d’autres, Google a décidé de faire appel.

Vous voulez en savoir plus sur Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, qui chapeaute la guerre contre les pratiques illégales des GAFA, notamment celle dont il est question aujourd’hui ? Hugo Clément l’a interviewée très récemment.

Par Pierre Schneidermann, publié le 18/07/2018

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