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La suspension d’Uber à Londres divise les Britanniques

Publié le

par Matthew Kirby

Et si ça arrivait dans votre ville, comment réagiriez-vous ?

À Londres, lors d’une manifestation anti-Uber par des chauffeurs de taxi, en 2014. (© David Holt/Flickr/CC)

Transport for London (TFL), la régie des transports publics de la capitale britannique, a annoncé que la licence accordée à Uber ne serait pas reconduite à l’issue de son expiration, le 30 septembre. Cette décision a été reçue de façon mitigée par les Londoniens, une pétition pour le maintien local de l’application ayant même récolté près de 750 000 signatures. Autant vous dire qu’il s’agit d’un terrain miné pour les politiques de tout bord, qui ne s’y aventurent qu’avec précaution.

Sadiq Khan, le maire de Londres, a réussi à ménager la chèvre et le chou, en déclarant:

"Je souhaite que Londres soit à la pointe de l’innovation et le berceau naturel d’entreprises et de technologies avant-gardistes. Toutefois, toutes les entreprises doivent jouer le jeu et respecter nos exigences, surtout en matière de sécurité des clients."

Il a déclaré qu’il serait donc "injustifié" de renouveler la licence de ce service, si celui-ci représentait une menace pour les Londoniens – cet accent mis sur la sécurité fait écho à plusieurs affaires d’agressions sexuelles ayant impliqué des chauffeurs de l’application.

Problèmes de sécurité

Un député conservateur de Londres, Chris Philp, s’est quant à lui opposé à cette décision : "Uber a de nombreux points à améliorer, mais interdire le service sans autre forme de procès revient à priver 40 000 personnes de travail et à faire payer des courses plus chères à 3,5 millions de Londoniens." Selon le MP, Sadiq Khan envoie un mauvais message aux entreprises, qui pourrait être mal interprété en cette période de Brexit.

Wes Streeting, député travailliste de Londres et président de la commission sur les taxis de la capitale, a félicité le maire pour ce geste courageux. Pour lui, cette mesure "montre aux entreprises, quelles que soient leur taille et leur puissance, qu’elles ne peuvent pas infléchir impunément nos lois et nos régulations".

"Uber est accusé par la police de ne pas avoir géré correctement les accusations de viols et d’agressions sexuelles signalées par des usagers", rappelle l’élu, avant d’ajouter : "De plus, cette entreprise s’est montrée incapable d’offrir les droits et les protections les plus basiques à ses chauffeurs."

Le directeur général d’Uber au Royaume-Uni, Tom Elvidge, juge quant à lui que cette décision va "profondément choquer les utilisateurs" :

"En interdisant notre application dans la capitale, TFL et le maire se sont inscrits dans le camp de ceux qui souhaitent restreindre le choix des consommateurs."

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